L'affaire Rampal embarasse les candidats

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Publié le 28 mars 2007.

SANS-PAPIERS – En réponse à l'affaire Rampal, les syndicats du primaire ont appelé...

L’affaire de l’école Rampal à Paris (19e) a replacé, ce week-end, le dossier des sans-papiers au cœur de la campagne présidentielle. Et cela devrait durer.

Les syndicats du primaire ont en effet appellé ce mardi à une grève dans toutes les écoles de la capitale et à participer à une manifestation vendredi, pour protester contre l'attitude du rectorat.

Lundi déjà, près de 2.000 personnes avaient manifesté contre la garde à vue d’une directrice d’école interrogée après des échauffourées liées à l'interpellation d'un sans-papiers devant son établissement.

La promesse de Sarkozy

Un pavé dans la mare de la droite comme de la gauche. La FCPE (syndicat de parents, gauche) n’a pas oublié la promesse initiale de Nicolas Sarkozy. Le candidat de l’UMP et ex-ministre de l’Intérieur s’était engagé en octobre 2005 à «ne pas mettre à exécution avant la fin de l’année scolaire l’éloignement des familles dont un enfant est scolarisé depuis plusieurs mois». La FCPE a profité de la passation de pouvoir entre Nicolas Sarkozy et François Baroin, lundi, pour demander à ce dernier de «mettre fin aux expulsions des familles sans papiers ayant des enfants scolarisés».

Depuis la régularisation de 6.924 parents cet été (sur 33.538 dossiers), on estime à au moins 20.000 le nombre d’enfants qui continuent à se rendre en classe sans papiers. Vendredi, dans un de ses derniers gestes de ministre, Nicolas Sarkozy avait écrit aux préfets pour leur «rappeler» que «l'exécution des mesures d'éloignement (…) ne doit en aucun cas donner lieu à des interpellations (…) dans l'enceinte ou à proximité immédiate d'un établissement scolaire»

«Dérapage de la semaine»

Le PS est lui aussi gêné par la question des sans-papiers. L’UMP Jean Leonetti a parlé de «dérapage de la semaine» de Ségolène Royal, y voyant «un signal à la gauche du PS, qui est pour la régularisation massive des sans-papiers». «La rectification est arrivée, comme c'est maintenant l'habitude, par François Hollande qui a atténué et même contredit les propos de Ségolène Royal», a-t-il dit. Selon la candidate socialiste, «les enfants qui sont scolarisés depuis plusieurs années dans l'école de la République devront être tranquilles pour réussir leurs études». Le premier secrétaire du PS a rectifié le tir en précisant que le PS était pour «une régularisation sur la base de critères et que nous ne voulions pas une régularisation globale».

François Bayrou n’est pas plus téméraire. Le candidat UDF a affirmé, lors d’un déplacement à Saint-Etienne, qu’«on ne peut pas considérer que simplement quand on a un enfant qui est scolarisé, on peut régulariser».
Catherine Fournier
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