IMMIGRATION – Le ministère interdit les interpellations dans les écoles où à leur proximité...
La réponse de l’Intérieur ne s'est pas fait attendre. Le ministère vient d'adresser un télégramme aux préfets leur rappelant qu'une mesure d'éloignement d'étrangers sans papiers ne doit «en aucun cas» donner lieu à des interpellations dans les écoles où à leur proximité. Cet ordre intervient après l'arrestation puis la remise en liberté de Valérie Boukobza, directrice de l'école maternelle Rampal à Paris (XIXe), où s'étaient produits mardi des
incidents violents entre parents d'élève et policiers à propos d'enfants sans-papiers.
Elle avait été interpellée vendredi matin par la police et placée en garde à vue, accusée d’«outrage et dégradation de biens public en réunion» et placée en garde à vue au commissariat du XIXe arrondissement. Le parquet avait ensuite ordonné sa remise en liberté, vendredi à 16h.
La gauche, unanime, proteste
De vives protestations ont suivi l'arrestation de Valérie Boukobza. «Cette arrestation est révoltante. On peut se demander jusqu'où ira la violence et l'absurdité de la politique ultra-répressive menée par le gouvernement? Cette directrice d'école n'a fait que son devoir en empêchant une arrestation injuste. (...). Ces pratiques rappellent les heures les plus sombres de notre histoire et elles doivent cesser», a regretté Marie-George Buffet.
«Je suis profondément indignée par la rafle organisée par la police dans le 19e arrondissement de Paris devant l'école maternelle Rampal. (...) Je joins ma protestation à celle de tous ceux qui ont exprimé leur révolte contre cette action de la police qui n'hésite pas à utiliser les écoles comme une véritable souricière pour faire la traque aux enfants et à leur famille. Et je réclame la libération immédiate des personnes arrêtées dans cette affaire et l'arrêt de toutes les poursuites,» a demandé Arlette Laguiller.
Syndicalistes indignés
Le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) a dénoncé vendredi «une tentative d'intimidation intolérable» qui «relève à l'évidence d'une tentative d'intimidation intolérable à l'égard d'une enseignante qui, d'après plusieurs témoins, n'a fait que tenter de protéger ses élèves». Selon le syndicat, ces évènements «révèlent une volonté politique manifeste d'accélérer et de durcir la chasse aux sans-papiers et de disqualifier et réprimer tous les citoyens qui s'y opposent pacifiquement».
«Je suis réellement choqué, jamais on n'avait atteint un tel niveau. Déjà du gaz lacrymogène à l'entrée d'une école mais en plus une tentative d'intimidation manifeste !», s'est exclamé Gérard Aschieri, en marge du congrès de l'Unef, principal syndicat étudiant, à Lille. «Le ministre de l'Intérieur doit dire les choses : on ne peut pas être candidat et dire qu'on respecte les enseignants et être ministre de l'Intérieur et couvrir ce type de chose», a-t-il ajouté.
Le secrétaire général du SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, Gilles Moindrot et Faride Hamana, président de la FCPE, principale fédération de parents d'élèves, se sont déclarés indignés par cette arrestation.
«C'est absolument scandaleux, cela nourrit ce climat sécuritaire de délation répressive qui devient insupportable,» a pour sa part dénoncé Bruno Julliard, le président de l’Unef, principal syndicat étudiant, lors de son congrès à Lille.