Olivier Besancenot : «Travailler moins pour travailler tous»

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Publié le 22 mars 2007.

PRESIDENTIELLE - Le candidat d’extrême gauche présente les grandes lignes de son programme

Olivier Besancenot

Porte-parole de la LCR.

Si vous étiez élu le 6 mai, quelles seraient vos premières mesures ?

D'abord, augmenter de 300 € les revenus de 85 % des Français. Cela implique les salaires, les minima sociaux et les pensions. Cette mesure représente 165 milliards d'euros, soit 7 % de ce que les multinationales prennent chaque année à la population sous forme de profits, d'aides publiques et d'exonérations de cotisations sociales. Ensuite, instaurer une loi pour interdire les licenciements, rétablir le monopole public là où il y a eu des privatisations et l'étendre aux domaines de l'eau et de l'industrie pharmaceutique.

Vous êtes le seul à défendre la semaine de 32 heures…

Je suis pour le partage du temps de travail. Ça rime à quoi de demander aux salariés de trimer plus sans  être mieux payé, alors que cinq millions de personnes crèvent d'envie de bosser ? Notre slogan, c'est « travailler moins pour travailler tous ».

Comment expliquez-vous la faiblesse du vote de gauche ?

C'est la faute du PS qui a fait un très mauvais calcul en voulant créer une seule gauche, au garde-à-vous derrière Ségolène Royal. Du coup, Bayrou fait une percée démagogique à gauche. La vraie dynamique ne peut venir que des débats contradictoires. Avec Royal et moi, il y a au moins deux gauches dans le pays, il faut l'assumer publiquement. C'est aussi le meilleur moyen de se trouver des points de convergence face à la droite.

Trois candidats trotskistes, ce n’est pas un peu trop ?

Je me définis avant tout comme un militant révolutionnaire et puis, en 2002, il y avait quatre trotskistes avec Lionel Jospin, alors on avance...

Ségolène Royal craint une dispersion des voix au premier tour…

Je lui réponds : changez de disque ! Le PS nous a déjà fait le coup sur les 500 parrainages, maintenant on est là et on attend un débat. Il faut que Royal réalise qu'une gauche échappe à son contrôle. Grâce à nous, les électeurs savent que le smic socialiste à 1 500 €, c'est en brut et pas en net. Moi, je suis indépendant du PS, on ne m'achètera pas avec une circonscription électorale ou un strapontin ministériel. Je compte être le grain de sable qui met le bordel dans les rouages bien huilés de l'alternance.

Comme François Bayrou ?

Je comprends que des électeurs de droite, effrayés par Sarkozy, aient envie de voter Bayrou. Ils préfèrent un libéralisme soft à sa version hard. Maintenant, que des électeurs de gauche croient sanctionner Royal en votant Bayrou, je pense que c'est une erreur. Le meilleur moyen de sanctionner Royal, c'est de le faire à sa gauche.

Recueilli par Bastien Bonnefous
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