REACTIONS – Polémique après l'annonce du remplacement du recteur de Lyon…
Les réactions après l'annonce du remplacement d'Alain Morvan. Le recteur de Lyon, réputé pour ses positions marquantes contre le négationnisme lors de l’affaire Gollnisch,
s’était vivement opposé à l’ouverture du collège-lycée musulman Al Kindi de Décines.
Philippe de Villiers (MPF) : Son porte-parole, Guillaume Peltier, a annoncé le soutien du candidat du MPF au recteur Alain Morvan.
Se déclarant «scandalisé» par cette «éviction idéologique», Peltier a jugé dans un communiqué qu'«en faisant pression sur Alain Morvan pour le faire taire, le ministre de l'Intérieur a montré sa conception de l'identité française». «Le bilan de Nicolas Sarkozy sur la question de l'islam est catastrophique», a-t-il ajouté. «Il n'a cessé pendant cinq ans de donner toujours plus de place et de crédibilité à la branche intégriste de l'islam, prenant en otage les millions de musulmans modérés».
André Gerin (PCF) : Le député-maire de Vénissieux (Rhône) (PCF) a estimé mercredi que le recteur de l'Académie de Lyon, Alain Morvan, avait été «bien injustement» sanctionné, après l'annonce en conseil des ministres de son remplacement. «Les fortes convictions républicaines que vous avez exprimées en plusieurs circonstances vous honorent», écrit André Gerin dans un courrier adressé à M. Morvan. «Je retiens en particulier l'action déterminée que vous avez menée pour faire exclure de l'université le numéro deux du Front national et pour bannir le négationnisme de Lyon III.(...) Comme vous, je considère qu'il faut tenir tête aux extrémismes, aux intégrismes et aux communautarismes», a t’il poursuivi. «J'espère qu'un prochain gouvernement fera de nouveau appel à vous pour servir notre République», a conclu le maire.
Jean-Jacques Queyranne (PS) : Le président de la région Rhône-Alpes a estimé mercredi que le remplacement du recteur de l'Académie de Lyon, symbolisait «les pratiques fondées sur l'autoritarisme» de Nicolas Sarkozy. «Les déclarations du recteur, qui n'a cessé de rappeler avec force les valeurs de la République, ont (…) déplu à Gilles de Robien, le très sarkozyste ministre de l'Education, et au candidat ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy», affirme l'ancien ministre dans un communiqué transmis à l'AFP. «Je tiens à dire combien je suis surpris et peiné de ce départ car j'ai toujours apprécié l'autorité morale et le très grand sens de l'Etat et du service public de M. Morvan», a ajouté Jean-Jacques Queyranne.
Bruno Gollnisch (FN) : Le numéro 2 du Front National a exprimé sa «satisfaction» à la nouvelle du remplacement du recteur de l'Académie de Lyon, annoncé mercredi en conseil des ministres, regrettant seulement le «caractère tardif» de cette décision. «J'apprends avec satisfaction que le recteur Morvan a enfin été limogé après avoir sévi depuis 2002 au rectorat de Lyon (...). Le seul scandale de cette affaire est son caractère tardif», a estimé le leader frontiste.
«M. Morvan a dû essentiellement à la protection de Jacques Chirac et à sa croisade haineuse à mon égard d'être maintenu à son poste jusqu'à présent», a ajouté le délégué général du FN, condamné en janvier dernier à trois mois de prison avec sursis pour "délit de contestation de l'existence de crime contre l'humanité par paroles".
L'Union des étudiants juifs de France : L’UEJF a indiqué mercredi avoir appris «avec dégoût ce qu'elle redoutait depuis plusieurs jours. «La République se sépare aujourd'hui honteusement d'un de ses plus hauts serviteurs qui n'a jamais cédé face à l'extrémisme et l'intimidation», a expliqué le président de l'UEJF, Benjamin Abtan. «L'UEJF salue ce haut fonctionnaire d'Etat qui a, durant toutes les années à la tête de l'Académie lyonnaise, fait honneur à sa mission en combattant courageusement et efficacement le négationnisme, le racisme et l'antisémitisme», poursuit le syndicat étudiant.