Une personne sur quatre n'a pas accès à l'eau potable

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Publié le 21 mars 2007.

ENVIRONNEMENT – La pénurie annoncée pourrait affecter trois fois de monde plus sous l'effet du réchauffement climatique…

Une personne sur quatre dans le monde n'a pas accès à l'eau potable, selon l’Unesco, et demain ce sera pire. Alors que l’or bleu fait déjà défaut à plus d'un milliard de personnes, la Journée mondiale de l’eau 2007 s’attaque à la pénurie annoncée, qui pourrait affecter trois fois de monde plus sous l'effet du réchauffement climatique, préviennent les experts mondiaux sur le climat.
 
Le Groupe intergouvernemental d'experts sur le changement climatique (Giec) rendra ses conclusions sur les impacts prévisibles du phénomène le 6 avril prochain. En février, le Giec, réuni à Paris, avait déjà prédit une hausse de la température moyenne planétaire de 1,8 à 4° C d'ici à 2100.  Les experts estiment déjà que pour une hausse de 2°C, les ressources en eau diminueront, tandis que les besoins d'irrigation augmenteront. Les sécheresses seront probablement plus fréquentes et affecteront des régions aujourd'hui semi-arides.
 
Plus alarmant encore, cette hausse pourrait placer jusqu'à deux milliards de personnes en pénurie d'eau aggravée : 350 à 600 millions d’entre elles seront en Afrique et 200 millions à un milliard en Asie. Si le thermomètre mondial devait grimper de 4°C supplémentaires, on estime que près de 3,2 milliards de personnes seraient alors en manque d'eau.
 
Cette situation préoccupante fait de l’eau une ressource précieuse à garantir à tous. C’est pourquoi des ONG et des élus de plusieurs continents, réunis à Bruxelles dans le cadre de l'Assemblée mondiale pour l'eau, ont plaidé cette semaine pour la reconnaissance d'un «droit à l'eau». Ils estiment que la gestion de ce «bien commun» ne doit en aucun cas revenir à des entreprises privées.
 
Les représentants des ONG, élus locaux et entreprises publiques de l'eau ont d'ailleurs fixé comme principal objectif la reconnaissance de ce droit au niveau international. «Notre échéance est le 10 décembre 2008, 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'Homme, pour que l'eau soit reconnue par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU comme un droit de l'homme», a déclaré Riccardo Petrella, le fondateur de l'Association pour un contrat mondial de l'eau, en concluant cette réunion de trois jours. Cette question sensible avait déjà été évoquée au dernier Forum mondial de l'eau, en mars 2006, mais jamais dans les sessions officielles vu la réticence de certains Etats.
 
De son côté, l'Unesco a estimé dans un rapport publié en 2006 (UN World Water Development report) que d'ici moins de 25 ans, les deux-tiers des habitants de la planète résideraient dans des pays connaissant de graves problèmes d'approvisionnement en eau, spécialement en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Afrique. Une rareté qui pourrait entraîner de nouveaux conflits.
Sa. C. avec AFP
La rareté en eau commence à moins de 1.000 m3 par jour et par personne, selon les standards de l'Onu qui reconnaît cependant que d'ores et déjà, «de nombreuses régions du monde» (Afrique, Asie centrale mais aussi sud-ouest des Etats-Unis et sud-est de l'Australie) vivent en situation de pénurie chronique avec 500 m3/jour/personne.
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