Pas de plébiscite pour les machines à voter

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Publié le 21 mars 2007.

SCRUTIN - La fiabilité desmachines de vote électroniques, utilisées pour l’élection présidentielle, est contestée

La guerre contre les machines à voter est déclarée. Plus d'un million et demi de Français sont, malgré eux, engagés dans le « conflit ». Les 22 avril et 6 mai prochains, ils choisiront leur candidat à la présidentielle grâce à une machine de vote électronique. Mais des politiques, des associations et des chercheurs s'inquiètent. Les Verts et le PCF demandent la tenue d'un débat public. L'association Ordinateur-de-vote.org accuse ces appareils de manquer de fiabilité. « Les machines ne fournissent aucun moyen de s'assurer que son vote a bien été comptabilisé », avance son président Pierre Muller, qui a lancé une pétition. « Le résultat d'une élection est imprévisible ; il est donc impossible de savoir si la machine a fait une erreur », ajoute Chantal Enguehard, enseignante-chercheuse à l'université de Nantes. Et, « comme n'importe quel système informatique, la machine à voter peut être mise en défaut », explique pour sa part l'Association for Computering Machinery, plus vieille association scientifique sur les ordinateurs, basée aux Etats-Unis.Le ministère de l'Intérieur a pourtant « déclaré bons pour le service » trois modèles différents. Certains ont même déjà été utilisés pour le référendum de 2005. La ville d'Antony (92), qui possède quarante-cinq appareils, précise ne « surtout pas vouloir faire machine arrière ». Mais Saint-Denis (93) ou Sceaux (92) ont annulé leurs commandes.La polémique a enflé lorsque des informaticiens néerlandais ont réussi à pirater le programme d'une machine. Grégoire Reyns, informaticien à France Election, leader sur le marché français, se défend. « Le modèle piraté, en réalité obsolète, n'a jamais été utilisé en France. » Il ajoute que les machines sont de simples « calculateurs équipés de scellés numérotés ». Issy-les-Moulineaux (92) s'est équipée de machines le jour où le gouverneur de Floride a décidé d'envoyer les siennes à la casse. Mais Eric Legale, directeur des nouvelles technologies de la commune, balaie les critiques. « Il n'y a pas de risque. A ma connaissance, pas une seule élection dans le monde n'a été annulée à cause des machines à voter. »

Olivier Marino
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