Un pas en avant, deux pas en arrière. Ségolène Royal s'est livrée hier à une opération séduction à l'égard de quatre mille élus socialistes réunis Porte de Versailles à Paris, alors même que depuis jeudi soir, la candidate du PS répète à l'envi qu'elle « reprend sa liberté » par rapport au parti. Entourée hier par la plupart des éléphants - sauf Lionel Jospin qui l'a soutenue, lui, samedi, en meeting à Lens -, elle a chanté pendant une heure de discours « les grandeurs et la noblesse du mandat d'élu ». « Je sais ce que je vous dois, ce que je dois à mon parti, aux militants », a-t-elle juré à l'assemblée, ajoutant, émue : « Je suis une des vôtres ! »Mais la candidate a surtout profité de ce parterre d'élus pour esquisser ses réformes institutionnelles, seule nouveauté d'une allocution plutôt plate. Pour la première fois, Ségolène Royal a utilisé explicitement le terme de VIe République pour promettre une « République nouvelle ». « Ce sera notre VIe République, nous allons la construire ensemble », a-t-elle annoncé aux élus promus en « avant-garde » et en « hussards » de cette réforme, qui passera par « un référendum refondateur » à l'automne si elle est élue. Le député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg, un de ses porte-parole mais surtout l'initiateur depuis des années au Parti socialiste de cette VIe République, ne cachait pas sa joie hier. Sauf que la République royaliste ne remet pas vraiment en cause le poste de chef de l'Etat, mais mise avant tout sur « la fin du cumul des mandats ». Chers élus, à bon entendeur...