L’Alsace, dépotoir de la Suisse

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Publié le 16 mars 2007.

ENVIRONNEMENT - Plus de 600 tonnes de déchets toxiques de l'industrie chimique ont été…

Mauvaise surprise. Plus de 600 tonnes de déchets toxiques de l'industrie chimique bâloise ont été découverts cette semaine dans un champ alsacien frontalier avec la Suisse, selon l'organisation écologiste Greenpeace et des industriels suisses.

C'est un agriculteur qui, en labourant ce pré situé sur la commune de Hagenthal-le-bas (Haut-Rhin), a remonté à la surface les déchets mélangés à des gravats, enterrés là à la fin des années 1950, a indiqué Greenpeace.

Champ de soja

Le site, que des ouvriers vêtus de combinaisons blanches étaient occupés à sécuriser avec des barrières métalliques vendredi, jouxte une décharge historique connue de la chimie suisse, celle du Letten.

Cette découverte confirme que «le périmètre de la décharge est plus grand» qu'on ne le pensait jusqu'ici, a précisé le maire de la commune, Jean-Pierre Ueberschlag (PS). Jusqu'alors occupé par des cerisiers, le pré devait être reconverti en champ de soja, a précisé Conrad Engler, secrétaire général du Groupement des industries chimiques bâloises chargé de la dépollution de décharges (GIDRB).

Cet organisme, qui fédère notamment les groupes Novartis, Ciba, Syngenta et Clariant, a entamé l'assainissement du champ, en excavant les déchets et en les incinérant. Engagés lundi, les travaux ont mis au jour jusqu'ici «600 à 650 tonnes» de déchets solides sur 5 mètres de profondeur, a indiqué Conrad Engler.

Toxique pour le sang et le système nerveux

Parmi ces déchets se trouvent des solvants comme le nitrobenzène ainsi que des produits de la synthèse de colorants, mais de nombreuses incertitudes pèsent sur la liste et l'importance des polluants, selon Daniel Hubé, ingénieur chez Antéa, le bureau d'études chargé d'effectuer des analyses à Hagenthal-le-Bas.

Selon Greenpeace, les déchets risquent de s'écouler dans les eaux souterraines et le nitrobenzène est toxique pour le sang et le système nerveux. L'organisation a dénoncé «l'attitude dilettante et imprudente» de la chimie bâloise. «Elle a cru qu'un nettoyage superficiel suffirait, or on ne cesse de creuser plus profond», dénonce Matthias Wuthrich, responsable chimie de Greenpeace Suisse.

Le site du Letten fait partie d'un ensemble d'une dizaine de décharges situées dans la zone des trois frontières, à cheval sur la Suisse, la France et l'Allemagne, qui ont notamment été utilisées par la chimie suisse dans les années 1950 et 1960.

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