A Perigueux, les proches de la défunte soutiennent les accusées

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Publié le 14 mars 2007.

EUTHANASIE – un docteur et une infirmière sont jugées depuis lundi pour avoir aidé à mourir une patiente…

Les proches de Paulette Druais, morte en 2003 à la suite d'une injection létale de potassium, ont affiché mercredi leur solidarité avec la médecin et l'infirmière qui comparaissent depuis lundi devant la cour d'assises de Périgueux pour avoir aidé la patiente à mourir.
 
«C'est odieux ce qu'on fait subir à Chantal (Chanel) et Laurence (Tramois), c'est odieux ce qu'on fait subir à ma famille», a tonné à la barre Laurent Druais, les traits tirés, assurant que sa mère, hospitalisée en phase terminale d'un cancer du pancréas, voulait «en finir».

Comme les autres membres de la famille, il ne s'est pas constitué partie-civile dans ce dossier où le contexte affectif et médical unissant les proches de la victime à la principale accusée, le docteur Laurence Tramois, sœur de la compagne de Laurent Druais, a été régulièrement évoqué. La veille, le père de Laurent Druais avait déclaré soutenir «de tout son cœur» les deux femmes, estimant qu'elles n'étaient «pas des accusées» mais «des victimes». «Nous connaissons Laurence depuis 20 ans. Nous étions là pour sa thèse, pour son mariage», avait-il précisé.

«Rester digne jusqu'au bout»

Laurence Tramois, 35 ans, est accusée de «complicité d'empoisonnement» pour avoir prescrit un soir d'août 2003 une injection létale de potassium à Paulette Druais, 65 ans. L'infirmière Chantal Chanel, 40 ans, répond du chef «d'empoisonnement» pour avoir appliqué la prescription.

Appelée à la barre, Sophie Tramois, soeur du docteur Tramois et aide-soignante à l'hôpital Saint-Astier où était hospitalisée sa belle-mère, a assuré, comme d'autres personnels soignants le confirmeront dans l'après-midi, que Mme Druais «voulait une piqûre pour mourir». Elle «nous a dit qu'elle voulait mourir mais qu'elle n'y arrivait pas», a-t-elle raconté, avant de fondre en larmes en évoquant la journée du 24 août, quand la victime «s'est mise à vomir ses selles».

D'autre témoins, membres du personnel hospitalier, se sont appliqués à décrire une Paulette Druais «fière», «attachante», «coquette», désireuse de «rester digne jusqu'au bout», et dont les heures étaient comptées. «Elle m'a demandé de l'aider à partir», affirme Catherine Lestangt, aide-soignante à Saint-Astier, «elle m'a demandé de la libérer de ce calvaire». Puis, désignant les deux petites femmes aux yeux rougis, tassées dans le box des accusés, elle interroge: «Est-ce qu'elles ont l'air de criminelles ?»
Le verdict est attendu jeudi soir.

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