Le leader frontiste doit se rendre lui-même au siège du Conseil constitutionnel pour y déposer la liste de ses 500 parrains...
Poker menteur et poker vainqueur. Le Front national a annoncé mercredi que Jean-Marie Le Pen avait atteint la barre des 500 parrainages nécessaires pour se présenter à l'élection présidentielle.
Histoire de scénariser un peu plus cette victoire sur le système, le patron du FN doit même se rendre en personne vers 17h30 mercredi au Conseil constitutionnel, entouré de sa fille Marine et d'autres responsables frontistes, pour
remettre symboliquement les formulaires qui lui permettront de passer la barre des 500.
La présence du finaliste surprise de 2002 au scrutin présidentiel de 2007 est désormais certaine, pour sa cinquième présidentielle... sauf très improbable coup de théâtre lors des vérifications du Conseil constitutionnel.
Il s’agit donc de la fin d’une saga de plusieurs mois qui a permis au Front national de jouer la carte du
complot et des pressions. Comme il y a cinq ans.
Mais plus encore que lors de la précédente campagne, effet collatéral du 21 avril 2002, les difficultés affichées par Le Pen à recueillir les paraphes ont conduit à une remise en cause du système des parrainages, plusieurs candidats proposant des réformes.
Fin février, l'UMP avait ainsi fini par s'inquiéter d'un éventuel forfait du président du FN, jusqu'à une déclaration de Nicolas Sarkozy la semaine dernière disant qu'il se «battrait» pour que Jean-Marie Le Pen - Olivier Besancenot - puissent être candidats. Le Pen avait remercié le patron de l’UMP mais sa fille a affirmé que ce coup de pouce n'avait pas eu d'effet mesurable sur les rentrées de signatures. «A partir du moment où on les a, on le dit», a déclaré à l'AFP Marine Le Pen, directrice stratégique de la campagne de son père, voulant manifestement couper court à toute accusation de manipulation frontiste.
Reste que Jean-Marie Le Pen a bien engrangé ces 500 signatures
dont 77 ces cinq derniers jours — et même un peu plus pour parer au risque d'invalidation de certains formulaires par le Conseil constitutionnel — mais pas Olivier Besancenot, qui rame encore. Comme
Dupont-Aignan et Frédéric Nihous (Chasse pêche Nature Tradition), etc. Antoine Waechter, candidat du Mouvement écologiste indépendant à l'élection présidentielle, a lui carrément jeté l’éponge.
D'après AFP