Cette dernière comparaît depuis lundi devant les assises de la Dordogne au côté de l'infirmière Chantal Chanel, 40 ans. Les deux femmes sont accusées d'avoir en août 2003 aidé à mourir Paulette Druais, 65 ans, atteinte d'un cancer du pancréas en phase terminale. Laurence Tramois avait fait transmettre la prescription d'une dose létale de potassium par l'intermédiaire d'une aide-soignante à l'infirmière, qui l'avait appliquée.
«L'autre solution, c'est de fermer la porte, tout débrancher, mettre des boules Quiès et attendre que ça se passe, et ça, c'est inconcevable dans le métier de médecin», a poursuivi le Christophe Bayon. «Il m'est arrivé d'augmenter les doses, dans le but d'accélérer les choses», a-t-il reconnu estimant que «la loi Leonetti est floue là-dessus».
Inspirée par l'affaire Vincent Humbert, cette loi d'avril 2005 a instauré un droit au «laisser-mourir», sans toutefois légaliser l'euthanasie. «La loi Leonetti est très ambiguë dans sa formulation. Nous, on est sur la corde raide. On a le sentiment que la loi et les politiques nous disent: "On vous laisse une petite porte, mais ne vous faites surtout pas prendre, parce qu'on ne vous couvrira pas"», a estimé Christophe Bayon.
Peu après, Henri Caillavet, 93 ans, ancien avocat et ex-parlementaire, membre durant 12 ans du comité national d'éthique et président d'honneur de l'Association pour la droit à mourir dans la dignité, qui milite pour l'euthanasie, a raconté à la barre comment il avait «aidé (son) père à mourir». Dans un récit émouvant, il a évoqué la fin de son père, «qui refusait la déchéance» et demandait «une délivrance personnelle», accordée par ses fils.