Euthanasie : le docteur Tramois assume «l’entière responsabilité» des faits

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Publié le 12 mars 2007.

JUSTICE – Elle comparaît avec une infirmière pour avoir aidé à mourir une patiente atteinte d’un cancer incurable….

«Une battante issue d'une famille modeste». C’est ainsi que les experts psychiatre et psychologue ont décrit le docteur Laurence Tramois, qui comparaît depuis ce lundi pour avoir prescrit en 2003 une injection létale à une patiente de 65 ans atteinte d'un cancer du pancréas en phase terminale.
 
«Burn out»


Petite femme aux cheveux blonds coupés courts, vêtue de noir, Laurence Tramois, 35 ans, a tenu à assumer «l'entière responsabilité» des faits devant la cour d'assises de Périgueux. «Je me reconnais plus en tant qu'auteur de ce qui s'est passé», a-t-elle déclaré.
 
Le médecin comparaît libre avec Chantal Chanel, une infirmière de 40 ans accusée «d'empoisonnement» pour avoir administré, dans la soirée du 25 août 2003, à Paulette Druais, la prescription du médecin, une dose mortelle de potassium.

Ce 25 août au soir, selon les experts, Laurence Tramois était dans une situation de «burn out», c'est-à-dire d'épuisement psychologique total face aux souffrances de la patiente, dont elle était très proche puisqu'il s'agissait de la belle-mère de sa soeur.

 Au cours de l'instruction, Laurence Tramois avait expliqué avoir pris sa décision pour préserver la dignité de la malade craignant la survenue imminente de vomissements fécaloïdes en raison d'une occlusion intestinale. Selon l'enquête, la décision avait été prise en dehors de toute concertation avec les proches de la patiente, qui aurait toutefois indiqué à plusieurs personnes qu'elle souhaitait mourir dans la dignité. Son mari et son fils ne se sont pas constitués parties civiles dans le dossier.

Le docteur Frédéric Chaussoy, chef du service de réanimation de Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais), qui avait débranché en 2003 le respirateur de Vincent Humbert et bénéficié en février 2006 d'un non-lieu, est venu témoigner devant la cour son «soutien» aux deux femmes.

«Condamnation pour l'exemple»

Ce nouveau procès s’ouvre alors que le débat sur l’euthanasie a été relancé jeudi dernier: 2.000 professionnels de santé ont revendiqué avoir aidé des patients à mourir et ont réclamé la dépénalisation de l'euthanasie dans un manifeste.

Le président de l'association «Faut qu'on s'active», dont Marie Humbert -qui a assisté à l'audience et apporté son soutien aux deux accusées- est la marraine, a redouté lundi que ce procès ne se solde par «une condamnation pour l'exemple». Laurence Tramois et Chantal Chanel encourent 30 ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu pour vendredi.  

 
 
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