JUSTICE – Une femme médecin et une infirmière sont accusées d’avoir aidé à mourir une patiente atteinte d’un cancer incurable…
La justice se montrera-t-elle clémente avec le docteur Laurence Tramois et l'infirmière Chantal Chanel? Leur procès s'est ouvert, lundi matin, devant la cour d'assises de la Dordogne, à Périgueux. Elles sont accusées respectivement «de complicité d'empoisonnement» et «d'empoisonnement». La première a prescrit une injection létale à Paulette Druais, 65 ans, atteinte d'un cancer du pancréas en phase terminale. La seconde la lui a administré, en août 2003.
Ce nouveau procès s’ouvre alors que le débat sur l’euthanasie a été relancé jeudi dernier: 2.000 professionnels de santé ont revendiqué avoir aidé des patients à mourir et ont réclamé la dépénalisation de l'euthanasie. D’autres «figures» de la lutte pour la légalisation de l’euthanasie seront présentes au procès: Marie Humbert et le docteur Frédéric Chaussoy, venus apporter leur soutien aux accusées. Ils avaient bénéficié d'un non-lieu, en février 2006, après avoir été poursuivis, dans un premier temps, pour avoir donné la mort à Vincent Humbert, le fils de Marie Humbert. Après un accident de la route, en 2000, il était devenu tétraplégique, muet et quasiment aveugle, mais avec toutes ses capacités intellectuelles.
Laurence Tramois et Chantal Chanel, qui comparaissent libres, encourent 30 ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu pour vendredi.