«Doit-on laisser mourir le CFJ ?» Par Gilles Dansart, président de l'Association des anciens élèves du Centre de formation des

Publié le 6 mars 2006.
Le métier de journaliste n’a jamais été aussi difficile à exercer. Face aux services de communication des grandes entreprises ou des partis politiques, le ou la journaliste se retrouve en effet souvent seul(e) avec sa conscience et ses interrogations. De même, confrontées aux intérêts des mondes économique, sportif ou artistique, de plus en plus de rédactions sont en quête d’indépendance, de méthodologie et de moyens pour enquêter. Dans ce contexte, doit-on laisser mourir sans mot dire le Centre de formation des journalistes, l’une des plus prestigieuses écoles de journalisme en France, alors qu’elle se trouve en situation critique ? Le Centre de formation des journalistes a été créé à la Libération par des résistants qui connaissaient la valeur de l’information : confrontés à la barbarie, ils concevaient le devoir d’informer comme un rempart à tous les abus de pouvoir. Dans le même esprit, l’école a formé, depuis, près de 2 000 journalistes, des plus célèbres aux plus anonymes, dans la presse écrite ou audiovisuelle. Elle se trouve pourtant actuellement en redressement judiciaire, menacée de liquidation dès le 26 juin prochain. Comment a-t-on pu en arriver là ? A cause d’un système de financement des écoles privées (tous secteurs confondus) inadapté, car essentiellement basé sur une taxe d’apprentissage que tout le monde s’arrache dans la plus grande anarchie. Egalement à cause de l’incapacité des médias à soutenir rationnellement l’effort de formation initiale des journalistes. Enfin, et ce, depuis plusieurs années, en conséquence d’une gestion assez peu rigoureuse de l’école. C’est pourquoi l’Association des anciens élèves se mobilise pour sauver une idée, un idéal, des étudiants, en cautionnant l’exigence de rigueur de gestion et en imposant les garde-fous indispensables au respect de l’indépendance et de la qualité pédagogique de l’école par rapport à d’éventuels repreneurs. Largement décrié et malmené, le métier de journaliste n’a pourtant jamais suscité autant de vocations. Il est de notre responsabilité d’offrir à ces jeunes une formation de très haute qualité. Le Centre de formation des journalistes doit aujourd’hui résolument s’inscrire dans un format européen et international. Il doit aussi associer les plus grandes institutions – Sciences-Po ou l’Institut national de l’audiovisuel, par exemple – et l’ensemble des médias pour renouveler ses contenus pédagogiques et affirmer son rôle moteur dans la formation des cadres de presse.
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Le CFJ a été créé à la Libération par des résistants qui concevaient le devoir d’informer comme un rempart à tous les abus de pouvoir.
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