ASSEMBLEE – Ils s’opposent au volet santé mentale du projet de loi sur la prévention de la délinquance…
Nicolas Sarkozy est attendu au tournant. Il devrait prendre la parole ce mardi après-midi à l’Assemblée lors de la 2e lecture du
projet de loi sur la prévention de la délinquance. Objectif : «Apaiser les attentes» «des familles et des professionnels concernés par les maladies mentales». Ceux-ci restent vivement opposés à la présence d’un volet «santé mentale» dans ce projet de loi, adopté par le Sénat en deuxième lecture le 11 janvier.
Un petit nombre d’entre eux s’est rassemblé symboliquement mardi matin devant l'Assemblée nationale. Près de 75 à 80% des 5.200 psychiatres hospitaliers ont par ailleurs débrayé deux ou trois heures, à l’appel des quatre syndicats pour obtenir le retrait des articles 18 à 24. Ces derniers renforcent le rôle des maires dans les procédures d'hospitalisation d'office, c'est-à-dire contre la volonté du patient, et prévoient la création d'un fichier national de patients ayant été hospitalisés de cette façon.
«Cela fait deux siècles qu'on se bat pour déstigmatiser la maladie mentale, et nous ne pouvons pas accepter ce retour au Moyen Age, où les malades mentaux étaient traités comme des délinquants, a expliqué Norbert Skurnik, président du Syndicat des psychiatres de secteur, à www.20minutes.fr. Et d’ajouter : «Le fait que ces mesures soient inscrites dans une loi sur la délinquance crée un amalgame entre les malades et les délinquants. Mais nous serions prêts à en discuter dans le cadre d’une loi sanitaire.»
Légiférer par ordonnance
Les adversaires du texte ont remporté une première victoire le 25 janvier, quand le Conseil constitutionnel a censuré la procédure permettant au gouvernement de légiférer par ordonnance – sans passer par la navette parlementaire – sur l'hospitalisation psychiatrique et le volet «santé mentale» du projet de loi.
Ce mardi, une délégation de représentants des syndicats de psychiatres et d'associations de familles de malades devait être reçue à la mi-journée par le cabinet du président de l'Assemblée nationale et par le groupe des députés du Parti socialiste.
«Je comprends parfaitement ces préoccupations très profondes», a déclaré Bernard Accoyer, le chef de file des députés UMP, en réitérant sa «confiance» en Nicolas Sarkozy pour trouver une solution à ce problème. Il s'est toutefois refusé à dévoiler ce que le ministre pourrait annoncer en séance.
C.F (avec AFP)