On peut être un vrai perdant et faire en sorte d'en vivre. Demandez à Martin Kellerman, un Suédois qui a rencontré le succès en mettant sa misère existentielle en BD : viré de son boulot, largué par sa copine, il a créé Rocky, son alter ego graphique, en 1998. Les mésaventures de ce chien amoral (qui passe son temps à picoler, à draguer et à squatter chez ses potes), publiées en strips quotidiens et adoptées par toute la Scandinavie, font actuellement un carton dans le très prestigieux New York Times. Avec La Revanche (éd. Carabas), premier tome d'une série de huit volumes, la France va enfin découvrir les errements de ce loser bavard et rustre. Et s'en régaler car, sous son vernis post-punk, cet antihéros se fait le héraut d'une génération désabusée.
O. M.