Un tapis rouge sans grandes contradictions. Parlant le premier et le plus longtemps selon la règle de l'équité observée par TF1 (prise en compte du scrutin de 2002), Jean-Marie Le Pen a succédé hier soir à Nicolas Sarkozy dans l'émission « J'ai une question à vous poser ».
Jean-Marie Le Pen.
Le candidat a commencé par se présenter comme un bon papi racontant ses souvenirs. Il a tout d'abord mis en avant son expérience politique – il se présente devant les suffrages depuis cinquante et un ans. Interrogé sur l'immigration, le leader du FN a évoqué son passé militaire, qui l'a vu combattre avec des étrangers. Accusé de racisme, il a répondu avoir eu « pendant vingt ans » de charmants employés de maison noirs. C'est sur la sortie voulue de l'UE et le rétablissement des frontières qu'il a été le plus contredit. Citations à l'appui, certains membres du panel de la Sofres ont souligné les paradoxes de son discours. Profitant de nombreuses questions ouvertes, le candidat d'extrême droite a néanmoins pu dérouler son discours et son programme. Il s'est dit « non-xénophobe mais francophile », a dénoncé l'injustice de « la discrimination à l'embauche », « avoir très tôt parlé de l'écologie », un « concept de droite ». Finalement, Le Pen a dénoncé une armée française médiocre aux « budgets insuffisants ».
Marie-George Buffet.
La candidate communiste et antilibérale a milité pour une redistribution des gains des entreprises « vers les salaires et non vers la finance ». Buffet a dénoncé le fait que les Français doivent tous cotiser, contrairement aux « volumes colossaux d'argent qui circulent sur le marché ». S'efforçant d'être pédagogue, la candidate a proposé de limiter à 5 % la part d'emplois précaires dans les entreprises et de rendre « à nouveau universelle la Sécurité sociale ». Une intervenante lui a reproché ses « il faut » et de ne pas chiffrer le financement de ses propositions.
Arnaud Sagnard