REVUE DE WEB – Maurice Papon doit être opéré ce mardi pour «insuffisance respiratoire»…
Maurice Papon, l'ancien secrétaire général de la préfecture de Gironde sous Vichy, qui a comparu devant la cour d'assises de Bordeaux en 1997, a été le premier haut fonctionnaire français jugé pour complicité de crimes contre l'humanité.
Il n’est pas le seul à avoir comparu pour cette raison. Il y a aussi eu l’Allemand Klaus Barbie (condamné à mort par contumace en 1947 en France), le milicien Paul Touvier (condamné à la prison à perpétuité en 1994) et le criminel de guerre nazi Aloïs Brunner (procès par contumace en 2001 en France), comme le récapitule le site
memoire-juive.org. Parmi les documents recensés, on trouve notamment des coupures de journaux et une lettre signée de la main de Papon ordonnant l’arrestation de quatre juifs de Bordeaux.
«Le procès Papon a été une leçon pour l’histoire», dit Jean-Jacques Gandini, avocat présent lors des audiences en 1997 et 1998. La chaîne de télé Histoire l’a bien compris. Après des années de bataille juridique, elle a obtenu le droit de diffuser des extraits du procès sous la forme d’un
feuilleton télévisé, à la fin de l’année 2006.
En attendant une éventuelle rediffusion sur la chaîne, la totalité du procès, soit 96 audiences, est diffusé gratuitement
sur ina.fr jusqu'en octobre 2007.
L'affaire Papon a passionné les foules. Côté partie civile, la famille Matisson a été la première à porter plainte contre Maurice Papon en 1981. Elle a
répertorié une foule de documents en ligne: compte-rendus d’audiences, chronologies, portraits, etc.
L'antenne toulonaise de la ligue des droits de l’homme
analyse la procédure, dessins de caricaturistes à l’appui.
Un
sondage de l’Ifop, paru en 1998, rappelle que 65% des Français estimaient que le procès Papon était plutôt une «bonne chose», voire une «très bonne chose».
Maurice Papon avait des amis partout. Des juifs, des résistants, des hommes politiques. Son réseau s'étend jusqu'à la toile puisqu'on trouve un site qui tente de redorer le blason du haut fonctionnaire. Que s’est-il vraiment passé sous l’Occupation?, interroge en ligne une
thèse assez indigeste qui, en fait, tente de réhabiliter Maurice Papon sous l’intitulé «une étude exhaustive de l'histoire de l'Occupation de Bordeaux».
Reportages vidéo, interviews diffusées lors des journaux télévisés :
tout est visible sur le site de l’Ina. France 2, en 2001, demandait à
Robert Badinter et Alain Finkielkraut s’il fallait libérer Maurice Papon, déjà mal en point...