Pour José Bové, le responsable, c'est Total

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Publié le 13 février 2007.

ERIKA – Le leader altermondialiste est de passage au tribunal correctionnel de Paris...

Le procès de l'Erika devient un passage obligé pour les candidats à la présidentielle. Après Dominique Voynet (Verts), Philippe de Villiers (MPF), Corinne Lepage (Cap 21), et Ségolène Royal, c'est au tour de José Bové d'apporter son soutien aux victimes de l'Erika.


«Le premier responsable dans cette affaire, c'est l'entreprise Total», a-t-il affirmé avant l'audience, lors du deuxième jour de procès. «C'est l'affréteur qui doit aujourd'hui être civilement et pénalement responsable par rapport à l'ensemble des dégâts écologiques et économiques, et aussi la santé humaine», a-t-il ajouté.

Premier jour de procès
A l'ouverture de l'audience, le président du tribunal, Jean-Baptiste Parlos, a constaté l'absence du capitaine de l'Erika, l'Indien Karun Mathur.

S'en est suivie une offensive du Rina, la société qui avait donné l'autorisation de naviguer. Celle-ci a invoqué une «immunité internationale» consentie par Malte, pour réfuter la compétence du tribunal et demander à être jugé par cette île.

«Les gens doivent rendre compte des fautes qu'ils ont commises», a répliqué le procureur Laurent Michel, soulignant que le Rina était «une société de droit italien agissant en Italie». Le président Parlos devra décider mardi s'il tranche sur ce point, ou s'il le joint au fond, ce qui revient à statuer à l'issue du procès.
«Il va falloir se défendre sur tous les fronts sans savoir ce qui sera imaginé par la créativité des parties civiles, du parquet ou du tribunal», a lancé pour sa part Me Daniel Soulez-Larivière, défenseur de Total, qui a qualifié les poursuites de «confuses».

Procès hypermédiatisé
Avant même son ouverture, les régions touchées de Bretagne, des Pays-de-la-Loire et de Poitou-Charentes se disaient «unies et déterminées». «Les responsables doivent être condamnés à réparer les dommages au bien public», a insisté Jacques Auxiette, président des Pays-de-la-Loire. Invoquant «l'écoresponsabilité des entreprises», il a souhaité que ce procès «démontre que ce n'est pas à la fiscalité locale de payer les préjudices écologiques».

L’armateur, le capitaine ou Total?
Mobilisant plus de 80 avocats et coûtant près de 600.000 euros, ce procès s’annonce déjà comme titanesque. La justice a quatre mois pour démêler la responsabilité de chacun dans le naufrage du navire et de sa cargaison de pétrole. Sur le banc des accusés: l’armateur; des secours; la société de classification italienne Rina et l'affréteur Total.

Les prévenus devront expliquer pourquoi, en décembre 1999, ce bateau à une seule coque, frôlant les 25 ans, a pris la mer en pleine tempête avec 30.000 tonnes de brut, malgré plusieurs inspections ayant signalé de graves traces de corrosion.

Le groupe pétrolier Total doit annoncer mercredi ses résultats financiers pour 2006, avec un bénéfice attendu au moins aussi bon que les 12 milliards d'euros de 2004. De quoi faire espérer de conséquentes indemnités aux 70 parties civiles. Ces dernières sont loin d'être satisfaites par les 180 millions d'euros que le Fipol a versés, le montant maximal prévu par ce Fonds international d'indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures. La fin des audiences est prévue le 13 juin.
Les plus grosses marées noires sur les côtés françaises
Le Torrey Canyon (1967) avait perdu plus de 127.000 tonnes de pétrole, tandis que l'Amoco Cadiz (1978) avait déversé 227.000 tonnes de fuel dans la mer. Toutes les marées noires sur le site de Cedre.
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