HOSPITALISATION - L'ancien collabo a été admis dans une clinique jeudi soir pour une «insuffisance cardiaque»...
Maurice Papon, condamné pour «complicité de crimes contre l'humanité» pour son rôle dans la déportation des juifs pendant l'Occupation, va subir une intervention chirurgicale ce mardi. Elle «présente un niveau d'inquiétude certain pour un homme allant vers ses 97 ans», a indiqué son avocat Me Francis Vuillemin. Il s'agit d'une «intervention sur son pacemaker», a ajouté l'avocat, précisant qu'il n'était «pas en mesure de donner une appréciation médicale» mais que «son entourage est inquiet»
L'ex-haut fonctionnaire est hospitalisé depuis jeudi soir pour «insuffisance cardiaque» «dans une clinique de Seine-et-Marne».
Crime contre l'humanité
Maurice Papon a été
condamné en avril 1998 à dix ans d'emprisonnement pour «complicité de crimes contre l'humanité» par la cour d'assises de Bordeaux, pour son rôle dans la déportation de Juifs alors qu'il était secrétaire général de la préfecture de Gironde, sous l'Occupation.
Il a bénéficié des dispositions de la loi Kouchner de mars 2002 avec une libération pour raisons de santé en septembre 2002.
Canard enchaîné
C'est en 1981, juste avant la présidentielle, que le journal satirique le «Canard enchaîné» publie des documents datés de 1943 et 44 signé de la main de Maurice Papon et l'impliquant dans la déportation de Juifs bordelais.
Après dix-sept ans de bataille juridique, l'ancien fonctionnaire est renvoyé devant les assises de la Gironde en octobre 1997 pour un procès qui dure six mois, en raison d'interruptions pour hospitalisation.
Après l'épuisement des recours, sa condamnation est devenue définitive alors que Maurice Papon a toujours clamé son innocence.
Longue carrière
Après la guerre et avant d'être rattrapé par son passé sous l'Occupation, Maurice Papon a connu une longue carrière dans les plus hauts rouages de l'Etat, durant la IVe puis la Ve République.
Répression sanglante
Il a notamment occupé les postes exposés de préfet de Constantine (1956-58) en pleine guerre d'Algérie, de préfet de police de Paris (1958-67) lors de la répression sanglante de la manifestation algérienne du 17 octobre 1961 dans la capitale.
Après un bref passage à la présidence de Sud Aviation (1967), il entame une carrière politique: en 1968, il est élu député UDR du Cher, en 1971 maire de Saint-Amand-Montrond (Cher) - il le restera douze ans - et nommé ministre du Budget dans le 3e gouvernement de Raymond Barre (1978-81).