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Un coup de vieux pour la scène rock

The Police sur scène
The Police sur scène/

MUSIQUE – On ne compte plus le nombre de papys du rock qui reviennent sous les projecteurs. Tendance lourde ?

Cela ressemble à une épidémie. Certains des rockeurs qui ont fait la gloire des années 70 et que l’on croyait enterrés depuis, n’en finissent plus de remonter sur scène. The Police, séparé en 1986, vient d’annoncer ses retrouvailles pour un live lors des Grammy Awards le 11 février prochain à Los Angeles. Michel Polnareff s’apprête à faire salle comble à Bercy du 2 au 14 mars et Genesis va repartir en tournée.
La tendance n’est pas nouvelle: pour les besoins d’une émission télé (le groupe Téléphone dans Taratata en décembre 2006), d’un concert humanitaire (Pink Floyd au Live 8 à Londres en juin 2005) ou pour renflouer les caisses, les artistes n’hésitent plus à renouer avec leurs fans.

En 2002 déjà, les survivants des Doors - l’organiste Ray Manzarek et le guitariste Robbie Krieger - s’étaient offert une tournée sous le nom de «The Doors of the 21th century». Cette année, ils vont remettre le couvert, rebaptisés «Riders on the storm» suite à un différent juridique avec les héritiers de Jim Morrisson, qui ont obtenu que le nom des Doors ne soit pas exploité à cette fin.

Sur scène, ces légendes ont choisi l’option recyclage. Il s’agira de tout reproduire exactement comme avant, pour ne surtout pas déstabiliser le public. Une carte choisie par Polnareff qui nous a resservi ses fesses à l’air en couverture de Paris Match en 2004, comme en 1972, et qui, à chaque apparition, n’oublie pas ses improbables lunettes de yéyé aux montures blanches et verres opaques. A 63 ans, il n’est plus temps pour l’icône de prendre un nouveau départ.

Dans la pratique, le «revival» est parfois un numéro de haute voltige: en témoignent les acrobaties auxquelles a dû s’adonner celui qui a remplacé Jim Morrisson sur scène. Ian Astbury, ex-chanteur de The Cult, a tenté le déhanché sensuel, mains sur le micro, et (presque) oublié son accent britannique.

Hors de question de faire table rase du passé pour nos vieux rockeurs. Rares sont ceux qui taillent une nouvelle route. Paul Simonon, ancien bassiste du groupe punk The Clash, s’est lancé dans l’aventure avec Damon Albarn (Blur et Gorillaz). Résultat? The Good, The Bad & The Queen, un projet de pop britannique assez réjouissant où, malgré tout, la ligne de basse de Simonon est reconnaissable entre mille.

Photo: The Police sur scène.
Alice Antheaume
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