Les éditos de la presse française se montrent très critiques envers Jacques Chirac après sa bourde sur le nucléaire iranien.
«Le Monde» se pose différentes questions. La première, selon le journal consiste à «savoir si, lorsqu'il évoque "la bombe qu'il va avoir", il ne fait plus aucun doute dans l'esprit de M. Chirac que l'Iran, d'une part, ment en affirmant ambitionner un programme nucléaire civil et non militaire, et, d'autre part, a la capacité de produire prochainement cette bombe». Mais d'autres questions viennent à l'esprit, selon le quotidien: «M. Chirac croit-il que Téhéran irait jusqu'à tirer un missile nucléaire contre Israël? Et quel pays pourrait "raser" Téhéran en quelques secondes?». Et le journal de référence de conclure: «Lorsque la communauté internationale va se réunir à New York et de nouveau menacer l'Iran, on se demande quelle crédibilité la position de la France aura encore».
Pour Laurent Joffrin, dans «Libération», «Jacques Chirac est décidément prêt à tout pour gêner la campagne de Nicolas Sarkozy ou, plus exactement, pour favoriser celle de Ségolène Royal». «L'inénarrable gaffe iranienne du Président, (…), a en effet une conséquence inattendue: celle de banaliser le chapelet de bévues commises par la candidate socialiste. (…) Evoquant comme dans un café corrézien la vitrification de Téhéran ou l'innocuité de la bombe atomique, Jacques Chirac fait passer rétrospectivement les propos ségoliens sur le nucléaire civil iranien ou sur le nombre de sous-marins nucléaires pour d'aimables anicroches», écrit-il.
Même analyse pour Hervé Favre, dans «La Voix du Nord», qui évoque une «divine surprise pour le Parti socialiste et Ségolène Royal». «Il ne fallait pas compter sur Jack Lang, porte-parole de Ségolène Royal, pour minimiser l'affaire. Au contraire, l'occasion était trop belle de riposter à l'arme lourde après le bombardement subi par la candidate socialiste lorsqu'elle s'était prononcée pour l'interdiction du nucléaire civil aux Iraniens», souligne-t-il.
Jean-Marcel Bouguereau, dans «La République des Pyrénées», fait lui aussi le parallèle entre Jacques Chirac et la candidate socialiste: «Si Ségolène Royal avait créé le même pataquès que Jacques Chirac à propos de l'Iran, que se serait-il passé? Les "snipers" de Sarkozy l'auraient sérieusement mise en joue». Sauf que là, remarque l’éditorialiste, «il ne s'agit pas d'un candidat mais du président en exercice qui met en jeu par ses propos la crédibilité de la France».
Francis Brochet, dans «Le Progrès», se montre plus indulgent: «On ne dit pas, comme l'a fait le Président: "une bombe nucléaire (pour l'Iran), ça n'est pas très important". C'est peut-être vrai, mais ça ne se dit pas comme ça. (…) Une gaffe, donc. Due sans doute à une épidémie mondiale». Et le journaliste d’énumérer, en cascades, les récentes bourdes de Poutine, d’un ministre japonais et même d’Arnaud Montebourg. «Soyons charitable avec Chirac: il lui reste trop peu de temps à l'Elysée pour lui infliger une telle punition», conclut-il.
Jacques Camus, dans «La République du Centre», jette la pierre plutôt à ses confrères américains : «Dans la plus pure tradition de la presse anglo-saxonne, les journalistes de «l'International Herald Tribune» et du «New York Times», eux, n'ont pas eu de scrupules pour prendre Chirac au piège de ses contradictions, entre propos "clandestins" sur l'inéluctable détention de l'arme nucléaire par l'Iran et laborieux correctifs publics. (…) Certes, nos confrères et néanmoins amis américains ont peut être voulu traitreusement gâcher la conférence de Paris sur le climat qui dérange Bush. Mais cela, ils sauront le garder off!»Hubert Védrine à la rescousse de Jacques Chirac. L'ancien ministre des Affaires étrangères de estimé vendredi que le président de