ENVIRONNEMENT – Les Français étaient invités à éteindre la lumière jeudi de 19H55 à 20H00…
Plus de peur que de mal. L'opération «5 minutes pour la planète» s'est traduite jeudi par une «chute brutale» de la consommation d'électricité, correspondant à plus de 1% de la consommation totale en France, sans provoquer d'interruption de la distribution, a annoncé le réseau de transport d'électricité (RTE).
«Cette baisse correspond à la consommation de l'éclairage et des appareils en veille d'environ 3 millions de ménages», estime RTE.
Une ville comme Marseille
Les Français étaient invités par L’Alliance pour la Planète (groupement d’associations environnementales) à marquer leur inquiétude sur le climat, en éteignant la lumière jeudi de 19h55 à 20h.
«A 19h55, la consommation d'électricité en France s'élevait à 75.520 mégawatts» (MW), précise RTE, qui «a observé une chute brutale de la consommation d'électricité d'environ 800 MW, soit l’«équivalente de la consommation d'une ville comme Marseille».
Le réseau avait mis en garde contre des risques de rupture de l'alimentation en cas de variation trop brutale de la consommation.
Jean-Marc Jancovici, expert des problématiques climat-énergie, avait par ailleurs fait remarquer que «5 minutes d'éclairage d'un foyer représentait 5 à 10 grammes de CO2 environ», alors qu'1 km en voiture représente 200 gr d'émissions. Une «journée sans voiture» (8 kg économisés par véhicule resté au garage) ou une «journée sans chauffage» (20 à 40 kg de CO2 en moins pour un logement de 100 m2 chauffé au gaz) seraient plus profitables pour l’environnement.
Ces «5 minutes de répit pour la planète» se vouaient une façon originale d’attirer l’attention sur le gaspillage d’énergie et l’urgence de passer à l’action. La date n’a pas été choisie au hasard: le lendemain, le groupe d’experts des Nations unies (Giec) rend public son nouveau rapport sur l’avancée du réchauffement climatique.
Au Brésil et en Belgique aussi
L’opération a séduit nombre de villes et de personnalités. Nicolas Hulot en personne a appelé les Français à se joindre au mouvement. Le forum participatif sur la jeunesse auquel assistait Ségolène Royal, à Grenoble, a été plongé dans une quasi-obscurité.
Dans la ville lumière, outre la Tour Eiffel 7.000 mégawatts), une dizaine de monuments appartenant à la Ville de Paris ont symboliquement été plongés cinq minutes dans le noir. Idem dans plusieurs autres villes en régions, avec l'extinction des feux de bâtiments publics emblématiques, comme la basilique de Fourvière à Lyon, Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille, l'Arc de triomphe à Montpellier, la place du Capitole à Toulouse, la cathédrale de Reims, l'hôtel de ville d'Amiens.
Nationale à l'origine, la manifestation a débordé les frontières de l'hexagone via l'Internet et les blogs personnels. L'appel a été relayé par des ONG au Brésil et en Belgique. A Bruxelles, l'hôtel de ville et l'Atomium, symbole de la capitale, ont fait l'obscurité. A Madrid, le ministère de l'environnement a appelé les Espagnols à y participer et plusieurs monuments emblématiques de la capitale et de Valence ont opté pour le noir.
Consommation L'Agence pour le développement et la maîtrise de l'énergie (Ademe) note que téléviseurs, magnétoscopes, équipement hi-fi, ou encore les petits équipements comme les fers à repasser et les aspirateurs, représentent plus de 20% des consommations d'électricité du secteur résidentiel.