Mutinerie express à la centrale de Clairvaux

Publié le 6 mars 2006.
Le vent de révolte n’aura soufflé que sept heures. Les forces de l’ordre ont mis fin, dans la nuit de mardi à mercredi, à une mutinerie à la centrale de Clairvaux. A 2 heures du matin, 130 CRS et gendarmes ont repris le contrôle total du bâtiment, sans rencontrer de résistance, selon l’administration pénitentiaire. La mutinerie a commencé mardi soir avec un groupe de 46 détenus mécontents de voir deux autres prisonniers placés en quartier disciplinaire, à la suite d’une bagarre. Les mutins se sont ensuite repliés dans l’un des bâtiments de la centrale avant de commettre des dégradations : feux de matelas, saccage du système d’alimentation électrique et des dispositifs de surveillance vidéo, inondation des coursives. Avant que les forces de l’ordre ne donnent l’assaut, les surveillants ont établi un périmètre de sécurité pour prévenir toute évasion. « Ensuite, nous avons fait en sorte que le rapport de forces soit de trois à un pour éviter tout risque », a précisé, hier, Dominique Perben, ministre de la Justice, satisfait que l’ordre ait « pu être rétabli rapidement ». Après les émeutes, certains prisonniers ont été transférés dans d’autres établissements pour atténuer la tension. Une enquête doit déterminer les causes de la mutinerie. Les gardiens ont indiqué que le climat s’était dégradé ces derniers jours. Considérée comme l’établissement le plus dur, la centrale de Clairvaux a connu plusieurs événements dramatiques : en 1971, deux détenus avaient assassiné une infirmière et un gardien. Depuis, lors d’autres mutineries, cinq détenus et un gardien ont trouvé la mort. D. C.
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