A l'occasion du mondial, cinq joueurs de l'équipe de France décryptent leur poste pour 20minutes.fr
A l’occasion de la Coupe du monde de handball qui a lieu du 19 janvier au 9 février, les joueurs de l’équipe de France, champions d’Europe l’an dernier, racontent leur sport et la spécificité de leurs postes respectifs. Aujourd’hui, l’ailier.
«On pratique un autre sport. Un sport de placard»
Par Olivier Girault, capitaine de l’équipe de France
«Je suis un joueur atypique dans le monde du handball. A la base, je faisais du foot et je n’ai commencé le hand qu’à 18 ans, en quatrième division. Deux ans après, je débutais en élite, comme arrière. Mais ce n’est qu’à 23 ans que j’ai découvert le poste d’ailier. A l’époque, on m’a fait comprendre que si je voulais percer dans le haut niveau, il fallait que je me spécialise sur un poste. Et vu mon gabarit, par rapport aux gros balèzes qui jouent arrière, le poste d’ailier s’imposait de soi-même…
Un bon ailier doit être rapide et malin, dès le départ. Ensuite, il faut travailler le démarrage et l’anticipation. L’ailier n’est jamais initiateur de l’action et n’est vraiment décisif qu’en contre-attaque. On pratique un autre sport. Un sport de placard, où on attend dans notre coin de terrain, avec des buts à marquer dans des trous de souris. Apprendre le tir d’ailier, c’est comme pour le shoot de loin dans le basket. Tu répètes inlassablement. Sauf que là, il n’y a pas qu’un panier: il y a des cages avec un goal devant et, vu notre angle très fermé, il y a une part d’improvisation très importante. Il faut savoir jouer avec le gardien.
En défense, la difficulté de notre rôle consiste à s’envoyer des gros costauds et ne surtout pas l’appréhender. La règle, elle est très simple, je l’ai apprise au collège en cours de math. Puissance = poids x vitesse. En clair : accélérer sa vitesse pour augmenter son poids et avoir la puissance pour rentrer dans un mec qui fait 30 kilos de plus que moi. J’adore ça!»
Propos recueillis par Stéphane ALLIES