Alors que la France affronte l'Islande à 20h, cinq joueurs expliquent leur sport et leurs postes
A l’occasion de la Coupe du monde de handball qui a lieu du 19 janvier au 9 février, les joueurs de l’équipe de France, champions d’Europe l’an dernier, racontent leur sport et la spécificité de leurs postes respectifs.
«L’objectif, c’est de faire tirer l’adversaire où on veut»
Par Thierry Omeyer, élu meilleur gardien du monde en 2006
«Mes parents jouaient tous les deux au handball et moi, j’aller jouer à la mi-temps de leur matchs. A 6 ans, j’ai pris ma première licence et à 12 ans, on s’est retrouvé sans gardien dans mon club. On était trois à postuler. On a fait un concours et j’ai gagné. Comme dans tous les sports où il y a un gardien, l’expérience joue beaucoup. Mais contrairement aux autres sports, un goal de handball jeune ne peut jamais être le meilleur. La balle dans la tête ne fait pas peur à un gardien de handball. La balle de face, je la vois venir. Je déteste beaucoup plus les balles qui rebondissent sur le poteau et qui me frappent par surprise.
Le poste requiert des qualités de vitesse, de réflexes et de lecture du jeu. Sans oublier la souplesse et la détente. Notre entraînement consiste essentiellement à faire des gammes, reproduire toujours les mêmes gestes d’arrêts, avec les pieds et avec les mains. Le travail de dissociation jambes/bras est déterminant, et je dirai que ce sont les jambes qui comptent le plus. D’abord parce qu’aujourd’hui, les shooteurs tirent de plus souvent en bas. Ensuite parce que même lors de tirs en hauteur, c’est la tonicité des jambes qui compte pour espérer réaliser l’arrêt.
L’objectif, c’est de faire tirer l’adversaire où on veut. En «un contre un», j’écarte souvent les jambes et, souvent, le tireur essaie de me la mettre entre. Il suffit alors de les resserrer. Ou alors on laisse volontairement un côté plus ouvert… En attaque statique, je porte vachement attention à la position du bras de l’adversaire, et plus particulièrement à son poignet. Là, il faut faire en sorte de prendre le plus de place possible dans les cages, par rapport au champ de vision du tireur. Les gardiens regardent énormément de vidéos pour connaître le style de tir de chacun, même si rien ne vaut l’affrontement direct. L’ascendant psychologique est très important et les premiers tirs sont toujours déterminants, même si j’ai tendance à préférer faire un arrêt décisif, plutôt que 25 dans un match perdu.
Je parle beaucoup avec ma défense, surtout avant le match et aussi un peu pendant quand je vois qu’il y en a un qui est en retard sur un attaquant. Le gardien termine le travail des défenseurs et, inconsciemment, je dois leur montrer qu’il y a quelqu’un derrière.»
Propos recueillis par Stéphane ALLIES