Malgré les critiques, Ségolène Royal conserve sa méthode

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Publié le 20 janvier 2007.

La candidate était vendredi soir pour un «débat participatif» sur le logement à Roubaix...

Sa méthode, elle y croit. «Je peux construire avec vous le projet que je présenterai à vos suffrages». Ségolène Royal sait que sa manière de procéder est «critiquée, moquée avec une certaine condescendance, un certain mépris», jusque dans les rangs du Parti socialiste. Et pourtant, c’est bien un débat «participatif», qui s’appuie sur «l’intelligence collective des citoyens», qu’elle a voulu organiser à Roubaix, vendredi soir.

«Une nouvelle manière de faire de la politique» pas évident à mettre en place. Alors que Ségolène Royal est entourée d’un gros millier de personnes visiblement bavardes, ce sont les officiels qui se succèdent longuement à la tribune.

Puis vient le temps de la «participation citoyenne». Témoignage marquant, celui de Marylin, 42 ans, battue par son mari et qui demande de l’aide. En avocate du «socialisme du réél, (…) qui répond aux problèmes quotidiens», la candidate du PS rappelle que sa «première loi», si elle est élue, «sera une loi sur les violences faites aux femmes».

Le reste du débat, centré sur le logement, est une succession de questions convenues et de réponses attendues. Sur plus de deux heures d’ «échanges», seules sept interventions de «citoyens», dont le temps de parole cumulé est inférieur à celui de Bertrand Delanoë, maire (PS) de Paris et invité de marque.

Phase de propositions

Conquis par le fond, mais déçus par la forme, la plupart des «participants» au débat sont mitigés. «On a tous quelque chose à dire, mais on n’a pas le temps de parler, raconte après-coup Sandra, ségoléniste convaincue. C’est dommage parce que quand les gens s’expriment, elle a des solutions.»

La preuve, Ségolène Royal assure que le débat lui a permis de «connaître certains problèmes concrets» sur la question du logement. De la «participation citoyenne», elle «tire plusieurs idées», comme la mise en place d’une «sécurité-logement», la possibilité pour l’Etat de «se substituer aux impayés provisoires de loyer», ou encore la construction de «120 000 logements sociaux par an.»

Plus que jamais donc, Ségolène se dit «convaincue» par sa méthode. «Le monde a changé, la France a changé, la politique doit changer», répète-t-elle. Poursuite de cette «phase de débat» jusqu’au 11 février. La candidate entamera alors sa «phase de propositions».
A Roubaix, Tristan Waleckx
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