Un début d'année difficile. Intronisation de Nicolas Sarkozy, voyage controversé en Chine, couacs fiscaux...
La rentrée est délicate pour Ségolène Royal. Même les sondages sont contre elle : selon BVA, la candidate aurait perdu dix points d'intentions de vote entre novembre et janvier, de 68 % à 58 %. Signe de ce malaise, mardi soir, le bureau national (BN) du PS s'est déroulé dans une ambiance tendue, plusieurs responsables critiquant le manque de propositions politiques concrètes de leur candidate.
La base au premier plan Au centre du conflit, la méthode Royal. Depuis son investiture, le 23 novembre, elle a choisi de snober les éléphants du parti au profit des militants, hérauts de sa fameuse « démocratie participative ». D'ici à la fin du mois, les fédérations socialistes devront avoir organisé 5 000 réunions avec les encartés anonymes invités à présenter leurs doléances. Une analyse du pays censée nourrir le projet du PS relifté par Royal et présenté le 11 février. Cette campagne décentralisée ne sied pas à ses adversaires de la primaire interne (lire l'interview de Claude Bartolone), inquiets de la montée en puissance médiatique de Nicolas Sarkozy à droite.
« Il faut tenir » Mais Royal n'en a cure. Devant le BN, elle a exhorté le PS à « tenir ». « Il y a peut-être des choses moins visibles, moins coûteuses, mais c'est ce qui va donner de la crédibilité », a-t-elle affirmé. Hier matin, sur RTL, elle s'est faite plus acerbe, moquant le « petit milieu parisien » bousculé par sa « démarche nouvelle ». Fabiusiens et jospinistes apprécieront. Au sein du PS, ses partisans, tel Vincent Peillon, y croient toujours. « Il ne faut pas changer de rythme, ça marche sur le terrain, la base veut parler, continuons », estime le député.
Place aux jeunes Pourtant, la candidate a dû reprendre la main, hier en meeting à Toulon, en multipliant les annonces. Dans un discours sur la jeunesse et la diversité, elle a promis qu'après son élection « pas un jeune ne resterait au chômage plus de six mois ». Dans la journée, elle s'était prononcée pour un nouveau référendum sur l'Europe, en 2009. Elle a annoncé, si elle est élue, une « remise à plat du système des retraites », jugeant le régime spécial de la SNCF « avantageux ». Enfin, elle a de nouveau critiqué les 35 heures, à l'application « uniforme et technocratique » avec pour conséquence « une dégradation des conditions de travail pour certains salariés ». Des prises de position qui, une fois de plus, prennent à rebrousse-poil les dogmes socialistes. La méthode Royal en somme.
Bastien Bonnefous