Selon l’enquête de l’Insee publiée aujourd’hui, la France est «très probablement» le pays le plus fécond d’Europe
«Très probablement» le pays le plus fécond d'Europe. Avec deux enfants par femme, la France a atteint en 2006 un niveau de fécondité inégalé depuis 30 ans, selon les chiffres de l’Insee rendus publics ce mardi. La natalité a fait un bond de 2,9% par rapport à l'année précédente, avec 830.900 naissances au total.
L’Irlande distancée
Selon le recensement de l’Insee, la France (métropole et DOM) comptait ainsi 63,4 millions d'habitants au 1er janvier 2007, soit environ 400.000 de plus qu'un an auparavant.
Les comparaisons européennes ne sont pas encore disponibles pour 2006, mais la France est «très probablement » le pays le plus fécond d'Europe en 2006, a indiqué le directeur général de l'Insee, Jean-Michel Charpin, en présentant mardi à la presse ces nouveaux chiffres clés de la démographie. La moyenne de l'UE reste en effet très basse, avec 1,52 enfant par femme en 2005.
Selon lui, l'Irlande qui partageait ce titre en 2005 avec la France, s'est en effet «très probablement» laissée distancer par l'hexagone en 2006, n'atteignant pas le taux de 2 enfants par femme.
Mamans trentenaires
Pourtant les Françaises sont moins nombreuses, puisque le nombre de femmes de 20 à 40 ans continue de diminuer (28.000 de moins qu'en 2005), mais elles remplissent les berceaux. «Les naissances ne baissent plus pour les moins de 25 ans et elles augmentent pour les mères de plus de 30 ans, c’est pour ça que la natalité repart à la hausse», explique France Prioux, responsable de l’unité de recherches fécondité et famille à l’Institut national des études démographiques (
Ined). En 2006, plus de la moitié des nouveaux-nés (52,8%) ont une mère âgée d'au moins 30 ans, alors qu'ils étaient 44,3% en 1996.
La raison de cet élan maternel? «La politique d’aide aux familles de jeunes enfants, selon France Prioux. La France
concilie maternité et travail, contrairement à l’Allemagne ou à l’Europe du Sud.» Mais la chercheuse reconnaît également que «l’on arrive à la fin d’un mouvement de retard des maternités depuis une trentaine d’années et que la balance se rééquilibre naturellement».
Selon l’Insee, l'accroissement naturel (différence entre les naissances et les décès) est «proche de 300.000 personnes», là encore, un record depuis trente ans, grâce à l'augmentation des naissances (23.100 de plus qu'en 2005) et au recul des décès (7.100 de moins). L'espérance de vie est également en hausse: elle franchit le seuil des 77 ans pour les hommes (77,1 ans au lieu de 76,7 ans en 2005) et atteint 84 ans (83,8 en 2005) chez les femmes.
Remplacement des générations
Le seuil fatidique du remplacement des générations, qui est de 2,07 enfants par femme, est donc quasiment atteint. Le solde migratoire (entrées sur le territoire moins les sorties) est par ailleurs estimé à 93.600 personnes, un peu plus qu'en 2005. Exception française encore, les mouvements migratoires ne contribuent qu'à un quart de la croissance démographique alors qu'ils représentent 80% de la croissance de l'ensemble des pays de l'Union européenne.
Néanmoins, la France continue à vieillir. En 2006, 10,3 millions de personnes sont âgées de 65 ans ou plus et malgré six années de naissances nombreuses, la part des plus jeunes continue à diminuer : 25% des Français ont moins de 20 ans contre 26,7% en 1994. L'Insee, sans se l'expliquer, constate par ailleurs que, «pour la troisième année, la mortalité est en-dessous de celle qu'on pourrait attendre compte tenu du vieillissement de la population»: 531.100 personnes sont décédées en 2006, soit 1,3% de moins qu'en 2005.
Enfin, le nombre des mariages, après avoir augmenté en 2005, repart à la baisse (274.400 en 2006, -8.800) et l'on se marie toujours plus tard (29,1 ans pour les femmes et 31,1 ans pour les hommes), tandis que les pacs (pactes civils de solidarité augmentent (60.500 en 2005).
Avec AFP