Gigantesque hall dédié aux foires et expositions, l'enceinte choisie par l'UMP pour son congrès, à la Porte de Versailles, n'est pas le lieu rêvé pour créer une folle ambiance. De fait, de folle ambiance il n'y a pas eu, en dépit d'une foule record, des efforts des jeunes militants du parti et d'un budget de 3,5 millions d'euros. L'interminable Marseillaise entonnée par de petits choristes a même privé Nicolas Sarkozy de la standing ovation censée clôturer tout meeting qui se respecte. « On ne savait pas quand ils allaient terminer, ça nous a empêchés de nous lancer », explique un jeune UMP.
Un petit couac, mais pas de quoi altérer l'essentiel : Nicolas Sarkozy a réussi sa démonstration de force. L'UMP disait espérer cinquante mille militants, entre quatre-vingt et cent mille se seraient déplacés. Ce chiffre, certes invérifiable, rend impossible toute contestation de l'autorité du candidat officiel du parti. Combien feraient le déplacement aujourd'hui pour Dominique de Villepin, voire Jacques Chirac, qui n'a jamais attiré plus de 25 000 personnes ? Hier, la foule était clairement venue acclamer « Nicolas ». Comme Dorothée, 22 ans, partie « à 4 h de Nice » dans un des huit TGV affrétés par l'UMP.
Nicolas Sarkozy a profité de cette affluence record pour pousser quelques avantages. D'abord, il a contraint Villepin à se contenter d'une visite en catimini, histoire d'éviter les huées. Ensuite, il a égratigné Chirac à plusieurs reprises, s'en prenant notamment aux nominations de proches à des postes clés de l'administration. « Le fait du prince n'est pas compatible avec la démocratie irréprochable », a dénoncé Sarkozy, sans essuyer de reproche de la salle.
S. C.