Au pupitre, le candidat Sarkozy se lance dans son exercice favori, le discours fleuve. Derrière lui s'affiche son slogan : « Ensemble tout devient possible ». Une heure et quinze minutes plus tard, les contours de la société telle qu'il la conçoit sont dessinés. « Même si ces mesures étaient déjà connues, c'est ce qu'on attendait, jubile Nikhin, militant de 19 ans. On a entendu des arguments de fond, des propositions précises. » Souvent déclinées autour du même axe : la relance du pouvoir d'achat.
Comment ? Aux ménages en difficulté, Nicolas Sarkozy propose que « l'Etat garantisse l'emprunt de celui qui n'a pas de relations ». Silence dans la salle. Pour les ménages plus aisés, il préconise de « déduire tous les intérêts de son emprunt du revenu imposable ». Vifs applaudissements. « Je veux créer un cautionnement public qui permette d'emprunter à ceux qui ont un projet, continue le candidat. Je veux l'exonération de charges sociales et de l'impôt sur le revenu pour les heures supplémentaires. » La salle acclame son candidat. Autres mesures mises en avant, « un bouclier fiscal à 50 % (...), un Etat où les fonctionnaires seront moins nombreux mais mieux payés. »
Aux plus jeunes, Nicolas Sarkozy promet : « Vous aurez le droit d'emprunter à taux zéro avec la garantie de l'Etat et ne commencerez à rembourser qu'à votre premier emploi. Si vous en avez besoin, vous recevrez une allocation de formation de 300 e par mois qui vous sera supprimée si vous n'êtes pas assidu. » Le bâton n'est jamais bien loin de la carotte : « Je veux que les bas salaires soient garantis en cas de perte d'emploi en contrepartie de l'obligation de ne pas refuser plus de deux offres d'emplois successives. Je propose qu'aucun minimum social ne soit accordé sans la contrepartie d'une activité d'intérêt général. » C'est le prix à payer, affirme Nicolas Sarkozy, pour faire de lui « le président du pouvoir d'achat ».
Stéphane Colineau