Sarkozy a presque toute la droite derrière lui

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Publié le 12 janvier 2007.

Avec le renoncement de Michèle Alliot-Marie, le candidat à la présidentielle a quasiment rassemblé toute sa famille politique

A 98 jours du premier tour de la présidentielle, Nicolas Sarkozy aura quasiment réussi, dimanche, jour du congrès de l'UMP, à gagner son pari: rassembler sa famille politique autour de lui, même si un petit carré de fidèles chiraquiens et villepinistes continue de lui résister.

Le ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, qui avait des velléités de se présenter à la présidentielle en dehors du parti, vient d’annoncer qu'elle y renonçait et apporté son soutien à Nicolas Sarkozy, après un rendez-vous en tête à tête dans l'après-midi avec le président de l'UMP.

Ralliements spectaculaires

Plus de deux ans après son accession à la tête du parti majoritaire, Nicolas Sarkozy, qui ne souhaite pas quitter son poste de ministre de l'Intérieur avant au moins plusieurs semaines, peut désormais se targuer du soutien de quasiment tous ses collègues au gouvernement et de presque tous les élus UMP.

L'ancien Premier ministre Alain Juppé, qui fit longtemps figure d'«héritier» de Jacques Chirac, et Jérôme Monod, très proche conseiller politique du président de la République, constituent sans aucun doute les ralliements les plus spectaculaires.

La détermination de Nicolas Sarkozy, et les circonstances - le départ forcé d'Alain Juppé après ses ennuis judiciaires - lui ont ouvert toute grande la porte d'un parti conçu comme «une machine de guerre» par Jacques Chirac et Juppé pour leur faire gagner les élections.

Deux ans plus tard, Nicolas Sarkozy affiche un beau tableau de chasse: Xavier Bertrand, ministre de la Santé, probable porte-parole du candidat, Jean-François Copé (Budget), Renaud Dutreil (PME), Philippe Douste-Blazy (Affaires étrangères) ont rejoint fin 2006 la longue liste de ses supporteurs.

Autre soutien de poids: Jean-Pierre Raffarin, qui a organisé le ralliement de chiraquiens comme Thierry Breton, Pascal Clément, Dominique Perben, Jacques Barrot, et de plus de 130 parlementaires. Figure atypique du gouvernement, Jean-Louis Borloo, qui veut incarner «la droite sociale», préfère attendre février, et le congrès du Parti radical qu'il co-préside, pour prendre position.

«L’UMP d’après»

Jeudi en présentant ses voeux à la presse, Jacques Chirac a une nouvelle fois laissé planer le suspense en disant «réfléchir» à une éventuelle candidature. Cette perspective ne semble toutefois pas entamer l'optimisme de Nicolas Sarkozy et de ses amis. D'autant que presque plus personne à droite ne semble aujourd'hui penser que le Président Chirac puisse se représenter. Selon son ancien conseiller à l'Elysée, Frédéric de Saint-Sernin, grand connaisseur de la carte électorale, le chef de l'Etat «n'a plus d'espace».

Quant à Dominique de Villepin, il a toujours dit qu'il n'avait «pas d'ambition présidentielle». Il n'en a pas moins exposé vendredi dans la presse un programme de quinquennat, avec des propositions explosives sur les retraites, et annoncé qu'il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy au vote interne.

Si les adversaires déclarés de Nicolas Sarkozy ne sont pas nombreux - une poignée de députés, dont le président de l'Assemblée Jean-Louis Debré, de très rares ministres, Henri Cuq (Relations avec le Parlement), Christian Jacob (Fonction publique) - ils pourraient néanmoins fragiliser sa position dans l'opinion publique.

Originaires des différentes tendances fondatrices de l'UMP (gaullistes, libéraux, centristes), ils «travaillent sur des scénarios de défaite en 2007 pour pouvoir peser sur "l'UMP d'après"», ont même affirmé certains d’entre eux à l’AFP.

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