Un amendement voté jeudi met fin à la collecte des médicaments non utilisés à des fins humanitaires
L'Assemblée nationale a adopté jeudi un amendement mettant fin à la collecte des médicaments non utilisés à des fins humanitaires. Motif, selon Xavier Bertrand, ministre de la Santé : «Aujourd'hui, moins de 5% des médicaments collectés auprès du public» sont redistribués à des fins humanitaires mais «en dehors de tout cadre réglementaire». Le reste des médicaments est détruit. En septembre 2004, le «Moniteur des pharmacies» avait de plus révélé qu’une partie des médicaments non périmés et non utilisés par les Français était revendue par des pharmaciens malhonnêtes a lieu d’être envoyés dans les pays pauvres dans le cadre du programme Cyclamed.
Délai de transition
Désormais, l’ensemble des médicaments collectés sera voué à être détruit. Les pharmaciens attendent davantage de précisions sur les modalités d’application de cet amendement. «Il faut que la chaîne de récupération fonctionne correctement sinon on va se retrouver avec des cartons de médicaments sur les bras», note Danielle Paoli, responsable à la fédération de l’exercice professionnel.
Xavier Bertrand a précisé qu'un délai de transition de 18 mois était prévu et que de «nouvelles sources d'approvisionnement» pour les pays en développement allaient être recherchées comme des «dons» de laboratoire, «voire des financements publics», pour un coût global évalué à 5 millions euros.
Les Entreprises du médicament (Leem) ont annoncé de leur côté qu’elles discutaient avec plusieurs ONG pour tenter de maintenir leur contribution à la distribution de médicaments non utilisés à des fins humanitaires.
Cotisations
Le Leem étudie ainsi la possibilité de confier à son association de don d'urgence, Tulipe, le soin d'approvisionner les ONG qui se fournissaient jusqu'à présent à travers le réseau Cyclamed, via les laboratoires pharmaceutiques ou des cotisations versées par les groupes pharmaceutiques.
«Jusqu'à présent, les médicaments rapportés par les patients qui n'étaient pas détruits (une minorité) et étaient envoyés aux ONG n'étaient pas forcément adaptés aux besoins de ces organisations», a fait valoir Yves Juillet, conseiller du président du Leem. Le Leem discute notamment avec Médecins du monde et l'Ordre de Malte.
Sur Monster.fr, et accédez en exclusivité aux toutes dernières offres, à des conseils personnalisés et des opportunités de développer votre réseau professionnel !