La candidate socialiste à l'Elysée était interrogée par la presse sur les hausses d'impôts proposées par François Hollande, lors de la présentation de ses voeux au conseil régional de Poitou-Charentes qu'elle préside.
Spécialistes
Ségolène Royal a rappelé qu'elle avait «mandaté un certain nombre de spécialistes pour mettre à plat (ces questions de déficit et de fiscalité), voir les pistes envisageables». La candidate socialiste a en effet demandé à son ex-rival Dominique Strauss-Kahn et au fabiusien Didier Migaud «un diagnostic et des propositions sur l'efficacité de la dépense publique» et la fiscalité.
Interrogée sur le rôle de François Hollande dans la campagne, la députée des Deux-Sèvres a répondu: «Il est premier secrétaire du PS, il a tout son rôle mais je veux rassembler les compétences au sein du PS et au delà. J'ai déjà rassemblé à l'extérieur du PS d'autres forces de gauche».
François Hollande, le Premier secrétaire du PS, a relancé le débat sur la fiscalité en se prononçant pour des hausses d'impôts pour les contribuables touchant un salaire net de plus de 4.000 euros par mois. «200.000 contribuables sont concernés», selon lui, 1,2 million de personnes, selon le gouvernement.
Professeur certifié
Le ministre délégué au Budget, Jean-François Copé, a en effet souligné vendredi que les Français qui gagnent plus de 4.000 euros nets par mois sont, «bien sûr», dans la classe moyenne. «Aujourd'hui en 2006, un professeur certifié en fin de carrière, ça gagne à peu près 4.100 euros par mois. Un informaticien après 10 ans d'expérience, un conducteur de TGV en fin de carrière, un VRP, ça gagne aussi entre 4.000 et 4.200 euros par mois. Cela veut dire qu'on va demander à toute une frange de nos concitoyens qui gagnent effectivement quatre fois plus que le Smic et au-delà, de voir leurs impôts augmenter» , a-t-il déclaré.
La SNCF conteste. «Un conducteur de TGV touche au maximum 3.400 euros nets, primes comprises, en fin de carrière, non «entre 4.000 euros et 4.200 euros». «Monsieur Copé est très mal renseigné, nous souhaiterions bien sûr avoir ce niveau de rémunération, mais c'est loin d'être le cas», a réagi Serge Bonnaud, secrétaire général adjoint de la Fgaac. Le Snes-FSU, principal syndicat des collèges et lycées, a également démenti les propos du ministre sur le salaire des professeurs certifiés, indiquant qu'il se situait «40%» trop haut.