La journaliste Marie Drucker du «Soir 3» à la une

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Publié le 14 décembre 2006.

Un débat digne d'un plateau de télé. Deux camps se sont dessinés hier après la révélation d'une idylle entre la journaliste Marie Drucker, et le ministre de l'Outre-mer, François Baroin. Selon les uns, leur histoire relève de la vie privée, selon les autres, c'est l'éthique journalistique qui est bafouée.

Rappel des faits. Mercredi soir, Marie Drucker annonce son intention d'attaquer en justice « un journal » révélant sa liaison avec un « homme public ». Elle ajoute qu'elle entend se mettre en « congé » de la présentation du journal télévisé « Soir 3 » le temps de la campagne présidentielle. Hier, François Baroin déclare qu'il déclenchera des poursuites judiciaires contre « Bon Week », l'hebdomadaire qui publie ces photos.

Le couple Drucker-Baroin n'est pas le premier formé d'une journaliste et d'un responsable politique. Christine Ockrent et Bernard Kouchner, Anne Sinclair et DSK, Béatrice Schonberg et Jean-Louis Borloo, la liste est longue. Anecdote rappelée par le journaliste Christophe Deloire (lire ci-dessous) : « En 1988, le débat d'entre-deux tours de la présidentielle a été animé par une journaliste qui avait intimement connu à la fois Chirac et Mitterrand. » Une allusion à Michèle Cotta.

Faut-il s'offusquer de cette proximité ? Oui, juge Daniel Schneidermann. Sur son blog, le spécialiste des médias s'étonne d'une interview de François Baroin par Marie Drucker, le 10 mai 2005. « Une interview guère différente de mille autres. Mais comment, relisant les questions, ne pas y chercher de la complicité, de la complaisance ? » Olivier Milot, de Télérama, se montre aussi critique : « Que cette liaison soit restée cachée est vraiment problématique. Les Français risquent de ne pas apprécier. » Le journaliste italien Alberto Toscano ne partage pas cette vision « hypocrite », selon lui. « En Italie une telle histoire pourrait arriver, mais jamais un journal ne la révélerait, par respect. Cette chasse aux sorcières est absurde. On ne doit juger un journaliste qu'à ce qu'il dit écrit ou fait. Pas à sa vie privée ! »

Porte-parole de François Bayrou (UDF), Marielle de Sarnez juge, qu'au fond, plus ennuyeux est « la collusion entre le monde politique et les médias dominants. Ce petit monde tourne en rond, se préoccupe des mêmes sujets, des mêmes angles. Résultat, il y a une distance entre les hommes politiques, les médias et les Français, ce qui est plus grave que des relations intimes qui ne m'intéressent pas. »

Stéphane Colineau

©2006 20 minutes
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