La Ville rose spécialiste de la grève à la carte

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Publié le 14 décembre 2006.

Qu'est-ce que la grève dite perlée?

 

La grève « perlée » qui touche depuis dix jours le réseau de bus n’est pas une première à Toulouse. Le système est bien rodé : dans les préavis déposés par les syndicats, les agents sont appelés à débrayer une heure par jour, quand ils le veulent et en fonction de leur planning, mais surtout « aux heures de pointe » pour donner un pouvoir de nuisance au mouvement. S’il suit le mot d’ordre, le traminot ne perd qu’une heure de paye, soit environ dix euros par jour. Une astuce qui permet d’installer la grève dans la durée.

C’est en utilisant ce procédé que les agents du métro ont tenu un mois au printemps dernier. Ils s’arrangeaient pour provoquer des « arrêts intempestifs » aux heures cruciales, le matin et le soir et parfois le midi.

Parfois, en anticipant sur les habitudes des grévistes, la direction de Tisséo Réseau Urbain (TRU) arrive à amortir les perturbations. « Ce matin, ils ont senti que j’allais partir, alors ils ont envoyé quelqu’un pour remplacer et ma ligne a été assurée », racontait hier un conducteur.

Il existe d’autres type de grèves à la carte. Celles spécifiques à des revendications de ligne, comme en ont connu le 38 et le 61 cette année, mais aussi la célèbre grève dominicale pour laquelle un préavis du syndicat Sud court depuis des années. Ce débrayage d’un heure, indolore pour les usagers à un moment où le réseau tourne au ralenti permet à certains d’organiser leurs astreintes.

La régie a bon dos

Il n’y a pas eu de grève dure sur le réseau l’an dernier. Il faut dire que Connex, la société exploitante du réseau, était candidate à sa propre succession et entendait démontrer son savoir-faire dans les de relations humaines. Les syndicats étaient aux petits oignons. L’instauration surprise d’un système de régie directe le 1er janvier a supprimé le « filtre » qu’était le délégataire entre les élus de Tisséo et les salariés. Les traminots se sont naturellement engouffrés dans la brèche. Mais ils ne sont peut-être pas les seuls. A la présidence de Tisséo, Jean-Luc Moudenc, le maire UMP de Toulouse, s’est vu imposer la régie contre son gré. Et il aime à dire maintenant que « le système de régie à la marseillaise est générateur de grève ». Certains de ses opposants politiques estiment qu’il a tout intérêt à le prouver, s’il veut enterrer la régie quand l’heure du bilan de l’expérience sera venue… Mais il s’en défend.
 
Hélène Ménal
Emploi

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