Une étude confirme qu’une fracture se creuse entre les jeunes et les plus de 50 ans face au coût du logement
Le logement fait décidemment la différence. Après le
rapport de l’Insee fin novembre sur les revenus des ménages, une
étude publiée lundi par le
Centre d'analyse stratégique confirme qu’une fracture se creuse entre les jeunes et les plus de 50 ans face au coût du logement.
Les premiers sont 74% à être locataires tandis que les seconds connaissent des «dépenses de logement relativement faibles», l’achat de leur logement étant quasiment remboursé. La situation est encore plus préoccupante pour les jeunes ménages à faibles revenus. Car non seulement les locataires ont des dépenses de logement élevées mais ceux qui accèdent à la propriété y consacrent 33% de leur budget.
Ces ménages sont d'ailleurs «très fortement dépendants aux aides au logement» accordées par l'Etat. Plus de 70% des familles monoparentales en bénéficient pour payer plus d’un tiers de leur loyer. Conséquence: les accédants à la propriété sont en moyenne de moins en moins nombreux et de plus en plus riches par rapport aux ménages locataires.
A l'origine de cette étude, l'analyse de l'indice à la consommation des prix (IDC) - sous le feu d'une polémique plus générale concernant son mode de calcul - qui ne donne qu'une «vision incomplète du coût du logement, alors que celui-ci est au coeur des dépenses contraintes des ménages et influence donc fortement le pouvoir d'achat». «La hausse des prix de l'immobilier n'entre pas dans la mesure de l'inflation», relève en effet Centre d'analyse stratégique.
Or, «les jeunes sont particulièrement sensibles à l'évolution des prix immobiliers qui les aurait détournés de l'accession à la propriété», avertissent les auteurs alors que Jean-Louis Borloo, ministre de la Cohésion sociale et du Logement, lance une grande
campagne d'information sur toutes les possibilités offertes pour favoriser l'achat du logement.