Le 15 janvier 2004, le chalutier Bugaled Breizh coulait en quelques minutes au large du cap Lizard (Grande-Bretagne): deux ans plus tard, l'enquête se poursuit sur ce naufrage inexpliqué dans lequel un sous-marin pourrait être impliqué.
La disparition des cinq membres d'équipage du chalutier de Loctudy (Finistère) a provoqué une forte émotion en Bretagne, entretenue par de nombreuses rumeurs en l'absence de communication des autorités judiciaires.
Comme pour le Klein Familie, qui a coulé jeudi dans la Manche, la piste d'une collision avec un cargo avait été initialement privilégiée. Des gendarmes maritimes s'étaient même rendus dans le port chinois de Fanggengang pour inspecter la coque d'un cargo philippin, le Seattle-Trader, alors soupçonné d'avoir heurté le chalutier de Loctudy (Finistère).
Peu à peu, l'enquête écartait l'hypothèse d'une collision de surface pour privilégier, avec la voie d'eau ou l'erreur humaine de l'équipage, celle d'"un événement nautique sous-marin", comme l'a évoqué en novembre 2004, le procureur de Quimper Anne Kayanakis. Un rapport d'expertise privée a ensuite avancé "l'hypothèse très vraisemblable" d'une "croche" avec un sous-marin.
Le naufrage s'est en effet déroulé dans une zone où se déroulaient des exercices militaires internationaux incluant des sous-marins.
Le juge d'instruction Richard Flotzer a demandé l'an dernier la levée du secret-défense sur les mouvements de sous-marins le 15 janvier 2004, comme l'avait proposé le ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie quelques mois auparavant.
Pour l'enquête, l'épave du chalutier breton qui reposait par 80 mètres de fond a été renflouée et repose désormais dans l'enceinte militaire de l'arsenal de Brest.