Certaines pratiquent dans des bars à hôtesses, d'autres sur Internet ou dans des agences d'escort girls. Les étudiantes peuvent elles aussi se prostituer. Pour gagner leur argent de poche, financer leurs études ou payer leur loyer. Une réalité choquante alors que l'on célèbre aujourd'hui le 60e anniversaire de la loi sur la fermeture des maisons closes.
Aucun chiffre officiel n'existe sur le sujet. L'Organisation de la vie étudiante (OVE) n'a « aucune donnée », mais on estime à 40 000 le nombre d'étudiantes – et quelques étudiants – concernées. Soit un étudiant sur cinquante-sept. Un chiffre relayé par le syndicat SUD-Etudiants. « Il est le plus plausible. Il représente près de 2 % de la population des facs, alors qu'en Angleterre, 10 % se prostituent », explique Paul Degruelle, de l'organisation syndicale.
La prostitution étudiante est occasionnelle, pour joindre les deux bouts. Un rapport gouvernemental de 2000 estimait à 100 000 le nombre d'étudiants vivant sous le seuil de pauvreté en France. Et, selon l'OVE, 225 000 étudiants ont du mal à financer leurs études. «Pour beaucoup, la prostitution devient un petit job comme un autre», estime Paul Degruelle. Mais en dehors des circuits habituels. « Nous n'arrivons pas à mesurer l'ampleur du phénomène car ces étudiantes travaillent seules, sans proxénète, chez elle ou lors de soirées privées », explique Guy Parent, de la brigade de répression du proxénétisme de Paris. Pour le Mouvement du Nid, qui aide les prostituées, « c'est la même prostitution que chez les mères célibataires qui se vendent pour payer les factures, confie Samuel Prieur, coordinateur national. Mais elle fait autant de ravages chez les femmes que la prostitution plus classique. »
Bastien Bonnefous