«Il faut une loi spécifique sur les violences conjugales»

19 contributions
Publié le 26 novembre 2006.

Interview de Germaine Watine, vice-présidente de la fédération nationale solidarité femmes

Interview de Germaine Watine, vice-présidente de la fédération nationale solidarité femmes, un réseau qui regroupe une soixantaine d’associations.

Le gouvernement vient d’annoncer qu’une femme meurt sous les coups tous les trois jours. En 2005, c’était tous les quatre jours. La violence conjugale augmente ?

Je pense surtout que les statistiques s’affinent. Elles varient d’ailleurs d’une enquête à l’autre. L’Observatoire national de la délinquance faisait mention d’une femme tous les deux jours dans son dernier rapport. Cela me paraît plus proche de la réalité. Les statistiques publiées par le ministère de la Cohésion sociale et de la Parité – réalisées à partir des chiffres de la police et de la gendarmerie – ne prennent pas en compte les suicides, qui sont souvent la conséquence directe de violences conjugales. Ni les décès qui surviennent plusieurs mois après l’agression.

En avril 2006, la loi sur les violences conjugales a été renforcée. N’en avez-vous pas vu les effets ?

Non. Ce ne sont que des mesures empilées les unes sur les autres. Il faudrait une loi globale, comme en Espagne, qui permette de traiter tous les enjeux liés aux violences faites aux femmes, qu’il s’agisse des aspects préventifs, éducatifs, sociaux… En France, la loi du 4 avril 2006 n’a fait qu’étendre la répression aux concubins, pacsés et anciens conjoints. Jusqu’alors, seul la qualité de conjoint constituait une circonstance aggravante. Or, on relève de nombreuses incohérences entre l’application de cette loi et le code civil de la famille. Alors que la première incite une femme victime de violences à quitter son domicile, le second la condamne pour avoir caché l’adresse où elle résidait au père de ses enfants.

Que pensez-vous de la mise en place d’un numéro unique à quatre chiffres annoncée par Catherine Vautrin ?

J’attends de voir. Faciliter le témoignage des victimes, c’est bien, mais après ? Il faut notamment pouvoir les héberger, car la plupart quitte leur domicile le temps que la procédure judiciaire aboutisse. Certaines femmes restent deux ans dans nos associations, alors que six mois suffiraient. Malgré les mesures prises par la précédente ministre, Nicole Ameline, il n’y a toujours pas assez de places dans les centres d’hébergement. La priorité va à ceux qui vivent dans la rue. Les femmes battues, elles, sont censées avoir un domicile…

Propos recueillis par Catherine Fournier
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr