L’Onusida a publié mardi son rapport annuel le 21 novembre
«Inquiétude». C’est par ce terme que Peter Piot, directeur exécutif de l’Onusida, a présenté mardi le rapport annuel du Programme commun des Nations unies sur le sida. Pour cause, en 2006, a-t-il ajouté «l’épidémie progresse partout». Et ce sont les jeunes de 15 à 24 ans les plus touchés, ils représentent 40% des nouvelles infections.
Désormais, 39,5 millions de personnes vivent avec le virus, soit 2,6 millions de plus qu’en 2004. Chaque jour, 11.000 personnes sont contaminées par le sida, soit un total de 4,3 millions pour l’année, c’est-à-dire 400.000 de plus qu’il y a deux ans. Cette année le VIH a encore tué 2,9 millions de personnes, 200.000 de plus qu’il y a deux ans.
L’effet néfaste des traitements
L’épidémie progresse surtout dans deux régions du monde : l’ancien bloc soviétique et l’Asie du Sud et du Sud-Est. Mais le rapport montre également que l’épidémie rebondit dans des régions où ont pourtant été mises en oeuvre des mesures de prévention et de traitement, comme dans les pays occidentaux. Dans ces derniers «il est clair que l’introduction du traitement (anti-rétroviral qui permet de prolonger la vie des patients) a mené à une baisse de vigilance" sur les conduites sexuelles à risque, a estimé Peter Piot.
Dans la région "Europe orientale et Asie centrale", où l’épidémie se propage principalement via l’injection de drogue, 270.000 personnes ont été contaminées cette année, soit 70% de plus qu’en 2004.
En Asie du Sud et du Sud-Est, où la prostitution est le principal vecteur de la maladie, l’augmentation atteint 15% et le sida a contaminé au total 860.000 personnes cette année.
Les contaminations ont progressé de 12% en Afrique du Nord et Moyen-Orient et de 7% en Afrique sub-saharienne mais sont restées relativement stables dans le reste du monde.
Une lueur d’espoir
Malgré l’avancée de la maladie, l’Onusida constate cependant que "depuis 2000-2001, la prévalence du VIH parmi les jeunes a décliné dans huit des 11 pays disposant de données suffisantes", principalement au Kenya, dans les villes de Côte d’Ivoire, du Malawi et du Zimbabwe et dans les campagnes du Botswana. "Dans la plupart des pays ayant procédé à plusieurs enquêtes, on observe certaines tendances positives en matière de comportement sexuel parmi les jeunes", selon le rapport. "L'évolution future de l'épidémie mondiale dépend dans une large mesure des comportements que les jeunes adopteront", a souligné Peter Piot.
Autre succès : l’accès aux traitements s’est considérablement accru ces dernières années, se félicite l’Onusida, qui calcule que 2 millions d’années de vie ont été épargnées depuis 2002 dans les pays pauvres grâce à la fourniture de médicaments anti-rétroviraux.