« Moi, je le sens bien », dit Edwige.«Moi, pas », lui répond Estelle. Ces deux nouvelles militantes socialistes étaient partagées, hier soir devant la section du 20e arrondissement de Paris. Toutes deux représentent une nouvelle génération de militants, venus au PS après le 21 avril 2002. « Je suis là pour Ségolène Royal, mais aussi contreNicolas Sarkozy, explique Edwige. Nous, on a envie de faire de la politique autrement. » Dès 16 h, les bureaux de cette section depuis peu royaliste ont été pris d’assaut. Les nouveaux adhérents se sont déplacés en masse. « Ça sent bon pour nous », assure un jeune ségoléniste.
Pour Franck, représentant local de Désirs d’avenir, l’association montée par Royal, « l’important, c’est de gagner le plus largement possible, pour rassembler
par la suite ». Malgré les coups bas,Ouarda, de Désirs d’avenir, reste persuadée que cette campagne ne laissera pas de traces. A 22 h, le bureau s’apprête
à fermer.Une des dernières militantes en sort, le sourire aux lèvres.«J’ai hésité entre Royal et DSK,mais j’ai voté pour elle. Pour moi, c’est un vote utile. » Le dépouillement débute alors que les premières estimations circulent, donnant la victoire à Ségolène. Pourtant, ses partisans restent fébriles : les premiers résultats sont serrés. A 0 h 15, c’est la délivrance : Royal est en tête avec 44%des voix. Ses partisans exultent,mais pas tous les militants.«Elle n’est pas encore à l’Elysée », marmonne l’un d’eux.
D. C.