Il y avait foule hier rue Fourcade dans le 15e arrondissement où se trouve la section la plus « strauss-kahnienne » de Paris. Il est 21 heures, les résultats ne sont pas connus. Guillaume, 30 ans, a voté DSK mais il préfère s’attarder sur « la surmédiatisation » de Ségolène Royal. « La presse n’a pas parlé des idées de DSK, de ses déplacements et de ses meetings. Malheureusement, la campagne c’est aussi une question de notoriété. » Un peu plus tard, une nouvelle adhérente de 27 ans sort du local.Elle aussi penche en faveur du candidat social-démocrate. Mais, commebeaucoupd’autres, ce n’est pas une adhésion aveugle. « J’ai préféré voté utile, explique-t-elle. Pour Ségolène. Car elle est la mieux placée pour rassembler. » Dans les conversations, le
spectre de la division du 21 avril 2002 est très présent. Un militant actif le déplore. « Depuis la fin de la campagne, j’ai l’impression qu’on n’est plus dans un vote rationnel. Il y a une énorme pression de l’appareil du parti par le biais des patrons de fédérations en faveur de Ségolène Royal. » Tous les âges sont représentés. Deux mamies de 70 ans ont voté pour Ségolène Royal car « c’est le renouveau ». Francis, « 50 ans de parti derrière lui », estime que « DSK récite une leçon que les gens ne comprennent pas forcément. La socialedémocratie, ça ne parle pas
à tous. » Ici, beaucoup craignent la suite. « Si elle passe, elle va avoir du mal face à Sarkozy », dit une jeune militante. Pour un des responsables de la section, « le problème c’est que le rassemblement autour d’elle au PS n’est pas cohérent. Sa base, constituée de nouveaux croyants et d’opportunistes, n’est pas solide. »
Arnaud Sagnard