Pour une fois, la prédiction des sondages s’est vérifiée. Ségolène Royal a été désignée hier soir candidate du PS pour la présidentielle de 2007. A minuit, sur 70%des suffrages exprimés, la députée des Deux-Sèvres était créditée de 60%. Dominique Strauss- Kahn et Laurent Fabius étaient eux au coude à coude autour de 19% chacun. «La tendance est claire et nette», a indiqué Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande, avançant une participation « exceptionnelle » de près de 80 % (voir la vidéo).
Dans une déclaration depuis son fief de Melle (Deux- Sèvres), la gagnante a déclaré «vivre intensément ce moment de bonheur ». «Les militants sont venus voter (…) le peuple français s’est mis en mouvement, il ne sera pas déçu », a ajouté Ségolène Royal. Elle devrait donner aujourd’hui une conférence de presse, mais dès hier soir, elle a appelé au «rassemblement de tous les militants » pour «construire ensemble quelque chose d’extraordinaire».
Sa victoire a été confirmée par toute son équipe. «Elle ne fait aucun doute», selon son porte-parole Jean-Louis Bianco. Pour Jack Lang, qui avait rallié Ségolène Royal sur la fin, « c’est une victoire historique, le début d’un changement du système».
Hier soir, ni Laurent Fabius, ni Dominique Strauss- Kahn ne se sont exprimés. Leur défaite semble sévère. Dans certains départements, Ségolène Royal a réalisé un raz-de-marée. Plus de 80 % dans sa circonscription des Deux- Sèvres et autour de 70 % dans le Nord. Dans le Rhône, fédération pourtant étiquetée pro-DSK, elle l’aurait même emporté avec plus de 60%des voix.
Du côté de Strauss-Kahn, l’heure était à l’amertume. Hier soir, au siège du conseil régional d’Ile-de-France, les langues se déliaient. Ségolène Royal « a souhaité tous les pouvoirs, elle les a», a déclaré Jean-Christophe Cambadélis, lieutenant de DSK. « Merci les médias ! Ce sont eux qui ont élu Ségolène, maintenant ils vont la lâcher », confiait un président de fédération. «Il faut prendre le parti », estimait un autre cadre, assurant que « Dominique ne se ralliera pas, contrairement à Fabius ». Une analyse qui semblait confirmée peu après par les propos de Claude Bartolone, bras droit de Laurent Fabius. «Préparons les affiches et la colle, ce qui comptemaintenant, c’est de gagner l’élection ! » La page est vite tournée.
Bastien Bonnefous