Prudence chez Air France après la révélation, hier par Libération, de l'empoisonnement d'un passager de 30 ans du vol AF 7629 du 15 octobre reliant Bordeaux à Roissy, victime d'un café qui contiendrait, selon son avocat, « un produit très caustique, genre Destop ». La compagnie rappelle qu'elle sert 50 000 doses de café par jour et qu'aucun autre incident de ce type n'a été signalé, notamment sur le vol en cause. Tout en se gardant d'établir un lien entre la consommation du café et le malaise de la victime, elle a diligenté une enquête interne et s'apprête à porter plainte contre X.
De son côté, l'avocat de la victime entend poursuivre la compagnie pour « empoisonnement et non-assistance pour entrave volontaire à personne en danger » alors que son client subira d'ici à deux mois une opération consistant à retirer une partie de son estomac pour reconstituer l'oesophage. Une opération potentiellement mortelle. L'avocat pointe la « lâcheté » d'Air France qui aurait « abandonné à son sort » le passager. Si le plus probable, selon lui, est « une erreur de conditionnement à l'usine qui fabrique les tasses » (le café y est prérempli), cela ne dégage pas la compagnie aérienne de ses responsabilités. « Mon client est un passager d'Air France, il leur demande des comptes. Libre à eux de se retourner ensuite vers un prestataire. »
Alexandre Sulzer