Les urnes, en carton recyclé, étaient disposées hier sous le regard sévère du tableau de Jean Jaurès. Quelques 1 500 militants de huit sections toulousaines votaient rue Lancefoc, dans les locaux de la fédération, pour désigner leur candidat à la présidentielle. Et parmi eux « beaucoup de nouvelles têtes ». « Un peu trop même », au goût d'Irène, jospiniste inconsolable, au parti depuis trente ans. « Comme mon candidat n'est pas là, je vais voter Fabius qui m'a convaincue pendant la campagne », dit-elle. Elle soupçonne les nouveaux « de tous voter Ségolène ». C'est le cas de ce nouvel adhérent de la section 4. « Ségo dépoussière la politique, fourmille d'idées et, en plus, je suis féministe », se justifie-t-il.
Michel, arrivé en mai, vote lui aussi pour la candidate. Mais par pragmatisme. « C'est la seule qui peut taper Sarko et je ne veux pas d'un deuxième tour Le Pen-Sarkozy », explique-t-il. Parmi les « électrons libres » qui inquiètent tant les vieux militants, il y a aussi Agnès. « Moi, c'est DSK. Je n'ai pas changé d'avis durant la campagne. J'ai aimé ce qu'il a fait quand il était au ministère de l'Economie et son parcours lui donne la stature. » Si Ségolène Royal remporte l'investiture, la militante votera pour elle sans état d'âme en 2007. Irène aussi d'ailleurs. Mais à reculons.
Hélène Ménal