La grande nouveauté, ce sont les isoloirs. «Il y en a pas toujours eu au PS», note Benoît, militant socialiste et observateur du scrutin pour Dominique Strauss-Kahn. Jeudi, dans la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, quatrième de France avec 9.700 adhérents, rares étaient ceux qui s’inquiétaient des conditions de déroulement du scrutin pour désigner le candidat à la présidentielle.
Deux cadenasPas évident au premier abord, dans une fédération qui a connu des vagues d’adhésions suspectes jusque dans les années 1990. Au siège départemental du PS, en plein cœur de Marseille, un grand hall accueille trois bureaux de votes. Les urnes ne sont pas transparentes, mais elles sont fermées par deux cadenas. «J’ai la clé d’un cadenas, et le mandataire de DSK a celle de l’autre», explique Francis Allouch, secrétaire de section pour le 8e arrondissement.
Chaque militant voit vérifier son identité et sa date d’adhésion au parti. Quant au risque d’influencer les votants, «c’est pas possible au siège,tranche Benoît. Il y a trop de journalistes». «De toute façon, la campagne a été plutôt positive. Beaucoup plus que certains congrès», estime Sophie.
Pas d'inquiétudePlus loin du centre ville, à la section du 5e arrondissement, pas de mandataires des candidats, pas d’enveloppes pour mettre les bulletins, et une urne en carton, scellée avec du scotch. Mais pas d’inquiétude non plus : «Il y a des militants de la section qui sont pour DSK. S’il y avait fraude, ils le diraient», assure Bernard, secrétaire de section. Jean-Christophe, qui a voté Fabius, en convient : «S’il y avait eu un vrai suspense, il y aurait peut-être eu un risque de bourrage. Mais ici toute la fédé est derrière Ségolène, ils n’ont rien à verrouiller».
A Marseille, Frédéric Legrand