Les urnes, en carton recyclé, étaient disposées sous le regard sévère du tableau de Jean-Jaurès. Quelque 1500 militants, de huit sections toulousaines, votaient jeudi rue Lancefoc, dans les locaux de la fédération.
Et parmi eux «beaucoup de nouvelles têtes». «Un peu trop même», au goût d’Irène, jospiniste inconsolable, au parti depuis trente ans. «Comme mon candidat n’est pas là, je vais voter Fabius qui m’a convaincue pendant la campagne», dit-elle. Elle soupçonne les nouveaux « de tous voter Ségolène».
C’est d’ailleurs le cas de ce nouvel adhérent de la section «4». «Ségo dépoussière la politique, fourmille d’idée et, en plus, je suis féministe», se justifie-t-il. Michel, arrivé en mai, vote lui aussi pour la candidate. Mais par pragmatisme. «C’est la seule qui peut taper Sarko et je ne veux pas d’un deuxième tour Le Pen-Sarkozy», explique-t-il.
Parmi les «électrons libres» qui inquiètent tant les vieux militants, il y a aussi Agnès. «Moi, c’est DSK. Je n’ai pas changé d’avis durant la campagne. J’ai aimé ce qu’il a fait quand il était au ministère de l’Economie et son parcours lui donne la stature». Si cependant Ségolène gagne l’investiture, la militante votera pour elle sans état d’âme dès le premier tour de la présidentielle. Irène aussi d’ailleurs. Mais à reculons.
Hélène Menal (à Toulouse)