Jusqu'à samedi soir, les quartiers sensibles connaissaient un calme relatif. Mais l'incendie d'un bus à Marseille au cours duquel une jeune femme de 26 ans a été grièvement blessée a relancé la polémique sur les violences urbaines. Face à cet incident, le plus dramatique autour de l'anniversaire redouté de la première nuit d'émeutes de 2005, l'émotion a été générale et cet événement a même amené le gouvernement à décider un renforcement de la sécurité dans les transports publics. Dominique de Villepin tiendra une réunion sur ce thème ce matin.
Des mesures ont été immédiatement arrêtées : le nombre de CRS a été doublé à Marseille, avec l'envoi de deux compagnies s'ajoutant aux deux déjà en place. Depuis hier, une « tolérance zéro » est appliquée dans huit zones « sensibles » de la ville, a indiqué hier le préfet de Provence-Alpes-Côte d'Azur, Christian Frémont, ajoutant que les quatre terminaux principaux de bus feraient l'objet d'une « surveillance permanente » par la sécurité publique.
Cet épisode a également pris une tournure politique. Le premier secrétaire du PS s'en est directement pris à Nicolas Sarkozy hier. « Sa responsabilité est forcément engagée, quand il a enlevé des effectifs de police de certains quartiers, lorsqu'il a cassé la police de proximité, lorsqu'il a lui-même provoqué verbalement un certain nombre de jeunes », a assuré François Hollande.
Hormis le drame marseillais, peu d'incidents ont été relevés dans la nuit de samedi à dimanche, comme la nuit précédente, notamment en Ile-de-France où les troubles avaient commencé l'an dernier. La Direction générale de la police nationale a fait état de quelques jets de projectiles, caillassages et prises à partie de policiers en Seine-Saint-Denis, dans l'Essonne, le Val-d'Oise, mais aussi le Rhône et la Haute-Garonne. Parmi les faits notables, des jeunes ont tenté d'incendier une antenne de police en Seine-Saint-Denis, mais l'alarme déclenchée par la tentative d'intrusion a permis une intervention rapide de la police. Ailleurs, la nuit a été émaillée d'incendies de véhicules en nombre limité, souvent dans la moyenne habituelle.
D. C. (avec AFP)