La prestation des trois candidats a relevé davantage de la soutenance de thèse au ton scolaire que du débat politique
Le mot « débat » était inscrit en gros, derrière eux, sur un écran. Comme pour s’en convaincre, tant la première confrontation télévisée entre Ségolène Royal, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, mardi soir sur la Chaîne parlementaire, en était loin.
Pendant une heure et demie, les trois compétiteurs, installés côte à côte face aux caméras, ne se sont pas vraiment affrontés. Leur prestation a relevé davantage de la soutenance de thèse au ton scolaire que du débat politique. Chacun y a tenu son rôle de prédilection au sein du PS. Ségolène Royal, celui de l’institutrice rigide et sévère, peu à l’aise à l’oral, sortant ses slogans favoris : «sens du travail» et «ordre juste». DSK, lui, a joué le prof de fac cool, champion de « l’autre voie », celle du socialisme moderne, avec pour objectif un brin démago le plein-emploi dans dix ans. Laurent Fabius, enfin, a adopté le ton du professeur syndiqué, qui défend « la caissière contre le directeur du supermarché », et « n’accepte pas », en vrac, la baisse des salaires, les délocalisations, les privatisations…
Comme le thème de la soirée était les questions économiques et sociales, chacun a sorti ses chiffres, dits « concrets » ou « précis » au choix, car l’économie c’est d’abord des chiffres. Chacun, aussi, en a mis une couche sur la connaissance du terroir français via son mandat local - Poitou-Charentes pour Royal, Sarcelles pour DSK, Grand-Quevilly pour Fabius. Ce dernier a regretté le « manque d’ambition » des deux autres sur le pouvoir d’achat. Ségolène Royal a redonné un coup de griffe aux 35 heures, « régression pour une minorité des salariés ». Guère plus, niveau prise de bec. Peut mieux faire donc. Pour ce, il reste encore deux débats télévisés.
Bastien Bonnefous